M: vers 1530

60. Jacques PÉPIN
(
Pierre & Jeanne LeSUR)
laboureur à Montreuil
  • ca 1495 n Montreuil.
  • 13.7.1549 d Montreuil.
61. ___ HERVY
(Jacquet & ___ PRÉAUX)
  • ca 1505 n Montreuil.

texte.

M: vers 1550

Mathurin BARBARIN
(...)

Enfants:

1.
SIMON PÉPIN n app. 1535; «fils de Jacques Pépin» à sa sépulture 6.2.1553.
2.
JEAN PÉPIN n 10.9.1537 Montreuil (pr Jean Fremy et Jean Boucot, Mn Gabrielle Dudère fille Jean Dudère); probablement décédé jeune.
3.
RENAUD PÉPIN n app. 1540 Montreuil; m THIERRIE LAISIER.

Filiation de Jacques Pépin.
Jacques Pépin, laboureur demeurant à Montreuil, serait né autour de l'an 1500. Il semble bien le fils de Pierre Pépin le jeune & Jeanne Le Sueur, selon plusieurs indices:

Jacques Pépin, seul de sa génération
- Après une analyse poussée des différente mentions de Jacques Pépin pendant son époque, il semble jusqu'à preuve du contraire le seul portant le nom pour sa génération (né circa 1500).

Filiation Jacques Pépin avec sa femme héritière Hervy
- Au Terrier du fief Décanal de 1537, comme à celui de 1543, Jacques Pépin est propriétaire d'un tiers de la succession de Jacquet Hervy.
- A la mort de Jacques, après 1549, Jean Hervy beau-frère présumé semble tenir ces pièces comme curateur de sa succession. Ou les a-t-il racheté avant la mort de Jacques?

Filiation de Jacques Pépin avec son père Pierre Pépin le jeune
- Jacques Pépin tient avec Gillet Lemaistre (m Jeanne Pépin) une rente de 6 sols de rente sur un quartier au Perruchet en 1522. Cette rente est fondée le 26 avril 1490 par le père présumé de Jacques, Pierre Pépin le jeune, et Jeanne Pépin (sa soeur) épouse de Henry Lemaistre.
- Jacques Pépin fait parti des co-héritiers de Adenet Lesueurs selon, entre autre, le titre nouvel du 24 août 1528.
Jacques Pépin laboureur demeurant à Montreuil et son beau-frère Gillet Lemaistre renouvellent d'un Titre de rente sur un quartier de vigne au Perruchet le 23 avril 1522 devant Pichon et Pichon notaires à Paris, selon un acte conserver parmis les documents de la Fabrique de l'église de Montreuil [ANF S/3574/Hôtel Dieu]. La rente de 6 sols parisis annuelle est rachetable. Mais Lemaistre et Pépin doivent aussi payer pour les six années d'arrérages. A cette date, la rente est payable envers le gouverneur de l'Hôtel Dieu. Elle n'a pas été payée depuis six ans. Les preneurs doivent donc débourser pour les 36 sols dus. Gillet Lemaistre est marié à Jeanne Pépin, et selon cette reconnaissance de rente, Jeanne semble bien la soeur de Jacques. Comme on le verra plus loin, cette même liasse contient aussi l'acte de fondation de cette rente de 6 sols sur cette même pièce en 1490, par Pierre Pépin le jeune, présumé père de Jacques et Jeanne Pépin.
Le 20 septembre 1527, les religieux de l'abbaye Saint-Victor-lès-Paris passent devant la Cour des Requêtes du Palais royal à Paris, contre les héritiers fermiers de leur ferme à Montreuil. Parmis les défendeurs, représentés par Pierre Belut procureur au Parlement, sont nommés Jean LeSur le jeune (ancêtre Castonguay) et Jacques Pépin, petits-enfants de Adenet Lesueur & Jacquette. Les officiers de justice procèdent donc à la rédaction d'une Sentence [ANF S/2139/1.6], qui donne raison aux religieux, et ordonne de faire évaluer l'appréciation des biens et d'en ajuster le prix après l'ajout de quatre arpents de vignes que l'on veut lier au domaine. Les défendeurs sont ensuite ordonnés de faire passé un Titre nouvel pour les 10£ de rente et croix de cens pour la ferme, car le bail original est déjà ancien. On cite aussi un bail jusqu'ici inconnu des quatre arpents de vigne que l'on précise être daté du 8 juillet 1458, soit l'année après le bail de ferme original. Les religieux semble soucieux d'inclure cette pièce parmi le domaine de la ferme par cette procédure. Puisque procureur Belut ne conteste pas la charge des religieux, il est difficile de comprendre pourquoi cette cause se rend aux Requêtes.
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Les héritiers de la ferme Saint-Victor, dont Jean LeSur le jeune et Jacques Pépin, semblent en appeler de cette sentence. Mais lorsqu'il se présentent à la court des requêtes du Palais, ils sont déboutés par leur propre avocat. Le 15 novembre 1527, selon un Extrait du registre des requêtes du Palais (conservé dans les papiers de l'Abbaye Saint-Victor [ANF S/2139]), le procureur des héritiers de la ferme est Pierre Belut. Ce dernier a nommé son frère Etienne pour le remplacer car il ne peut s'y présenter. Mais malheureusement, Etienne imite son frère et brille par son absence. Les héritiers sont à nouveau condamnés à faire les réparations et de payer les dépenses. (A gauche, leurs noms dans le texte)
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Le 24 août 1528, Jacques Pépin et quatre de ses co-héritiers sont regroupés pour passer le Titre nouvel de rente à viager pour une partie, presque la moitié, de la ferme de Saint-Victor. La rente originale sur la ferme étant de 10£, elle a été séparée entre les co-héritiers de Adenet Lesueur & Jacquette en deux cohortes. Il doit donc avoir un deuxième Titre pour les autres cohéritiers. La part de la rente de cette cohorte - qui compte en plus de Jacque Pépin Jean Thioust, Perrette Lesur veuve de Pierre Motule, Robert Thioust à cause de sa femme Perrette Lesur, et les enfants mineurs de Adenet Lesur le jeune, Claude et Bernard - est de 4 £ 9 sols 6 deniers, soit 4,8 £. Le 9 octobre 1529, la cousine de Jacques, la veuve Perrette Lesur est remariée à Simon Boucher, qui ratifie le Titre nouvel. Ce parchemin très long décrit les différentes pièces de chaque héritage. Voici les pièces en viagé que tient Jacques Pépin de ses grands-parents.
Viagé ferme St-Victor 1528
- 1 travée maison Ferme St-Victor
- 1 bergerie de 2 travées Ferme St-Victor
- 3 quartiers terre Près la maison St-Victor
- 0,5 arpent terre Près la maison St-Victor
- 5 quartiers terre Sur Les Marais
- 5 quartier terre Le Sault Clouet
- 3,5 quartiers terre Les Quatorze Arpents (le quart des dits 14 arpents)
- 16 perches vignes Devant St-Victor
- 1 arpent pré Les Prés St-Victor à Nogent-sur-Marne en la prairie de Nogent
- 32 perches pré Les Prés St-Victor à Nogent-sur-Marne en la prairie de Nogent
Total en superficie: 6 arpent 10,5 perches soit 8,25% des 74 arpents au départ.
Jacques Pépin semble se marier assez tard. Comme il sera un grand tenancier de terres pour la ferme Saint Victor, on peut croire qu'il est trop occupé par le travail pour fonder une famille de si tôt. Il épouse, peut-être vers 1530, une fille de Jacquet Hervy. Le prénom de l'épouse de Jacques Pépin nous est encore inconnu.
Au Terrier du fief Décanal (La Pissotte) de 1537 [ANF S/340/Rg1537], Jacques Pépin déclare trois pièces de vignes. Premièrement, il déclare un demi quartier de vigne au Perruchet, qui correspond à la pièce chargé de la rente de 1522 ci dessus. Deuxièmement, il tient un quartier à La Varenne. Pour la dernière pièce, il précise qu'il tient un tiers de la succession de Jacquet Hervy sur un demi quartier au même lieux. Sa part de cette pièce qui est adjacente à sa première revient donc à quatre perches. Les deux autres co-héritiers sont Jean Hervy m Nicole Molet et les enfants mineurs de feu Martin Hervy. Etienne Beuret tuteurs des enfants de feu Martin Hervy déclare plus loin dans le même terrier un autre tiers du demi quartier ci-dessus.
Pièces Décanal 1537
- 0,5 quartier de vignes Perruchet; Sujet d'une rente en 1490 et 1522; d'un quartier partagé avec Gillet Lemaistre. Vendue en 1542 à Gilles Lemaistre.
- 1 quartier vignes La Varenne
- 4 perches vignes La Varenne, 1/3 d'un demi quartier de la succession de Jacquet Hervy
Jacques Pépin dit de St-Victor (parfois Jacquet) tient ce qualificatif car il cultive un nombre de pièces de terres pour les abbés de l'Abbaye de Saint-Victor à Montreuil. Au Terrier de la censive de l'abbaye Saint-Victor de 1540 [ANF S/2188/Rg1540], Jacquet tient alors «à viager des messieurs Saint Victor» de nombreuses pièces. Voici les principales pièces que Jacques entretient.
Pièces St-Victor 1540
- 1 arpent 18 perches de terre (118 perches) Néflier «en viagé»; Jacques semble acheter à son nom un arpent de cette pièce au courant de la décennie qui suit la déclaration, que son fils Renaud tient en propre en 1571.
- 88 perches de terre Malsavoir «en viagé».
- 145 perches de terre La Grande Rigalle (lieu-dit inconnu) «en viagé».
- 209 perches de terre L'Aulnaie Auclair (lieu-dit inconnu) «en viagé».
- 13 perches de vignes Hénault «en viagé».
- 85.5 perches de jardin L'Aulnaie Saint Victor «en viagé».
Jacques Pépin a l'intention de vendre sa part du quartier de vignes au Perruchet à son beau-frère, mais 20 ans plus tard, Jacques et Gilles ont perdu leur Titre de propriété. Ils passent donc à nouveau au Châtelet de Paris devant le notaire Jean Trouvé pour faire rédiger une Copie de titre nouvel, le 24 novembre 1542, [ANF S/3574]. Autre que des mentions habituelles pour une copie dont les frais, le reste du texte est identique à celui transcrit plus haut (le 23 avril 1522).
A la fin du premier Terrier du fief Décanal [ANF S/340/Rg1537], les rédacteurs rapportent une Vente de vignes du 8 décembre 1542 de Jacques Pépin à Gillet Lemaître de sa moitié de quartier au Perruchet. On indique aussi que cette vente est passée devant Guillaume Darennes greffier. Cette vente était d'ailleurs déjà rapportée parmis les actes passé au cabinet Darennes. C'est peu après cette vente que Gillet Lemaistre se rend devant le greffier du fief Décanal pour déclarer la deuxième moitié du quartier à son nom. On indique aussi en marge que la pièce ets chargé de 6 sols de rente envers l'Hôtel Dieu de Montreuil.
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Giles Lemaistre a acquis de Jaques Pépin demi quartier de vigne assis en Perruchet tenant d'une part ledit Lemaistre d'autre à Jehan Boucot aboutissant par haut à Jehan Billet par bas à maître Jehan Mauclert lettres passés pardevant G Darennes tabellion à Montreuil le viiie décembre l'an mil vc quarante deux présent Estiene Syon et Loys Chevalier. (En marge) Perruchet. ... de 6 sols de rente dues Hôtel Dieu de Montreuil. (Photo Denis Savard 2005/Caran)

Cette pièce de vigne qui a permis d'identifier Jacques comme fils de Pierre Pépin, est donc finalement vendue à son beau-frère Lemaître. Malheureusement, les minutes du tabellion
Guillaume Darennes (aussi ancêtre de Marie Hordouille) n'ont pas encore été retracées, si conservées. Elles éclaireraient beaucoup les filiations des familles de Montreuil de la première moitié du XVIe siècle. Se trouve-t-elles parmis les papiers de messieurs les seigneurs de Montreuil?
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Jacques Pépin ne conserve donc que deux pièces au fief Décanal, comme en témoigne le Terrier de 1543 [ANF S/340/Rg1543]. Jacques y déclare d'abord le quartier de vignes à la Varenne, puis 4 perches et 3 pieds environs, ou «la tierce portion d'un demi quartier», encore de vigne au même lieu. Jacques Pépin ne survivra pas très longtemps comme l'annonce les notes en marge ce ces pièces. Comme en veut l'habitude pendant que le terrier est vigueur - celui-ci jusqu'en 1550 -, on y inscrit en marge les noms des successeurs des pièces. On sait par sa sépulture que c'est après juillet 1549 qu'on ajoute en marge de la première pièce qu'elle sera cédée à Jean Hervy (son beau-frère), et l'autre à Mathurin Barbaran. Ils doivent les hériter au nom des enfants mineurs, dont Renaud, possiblement comme tuteurs des enfants.
Pièces Décanal 1543
- 1 quartier vignes à la Varenne (1 perche fait environ 18 pieds, 1 quartier fait 25 perches)
- 4 perches 3 pieds vignes à la Varenne, tierce portion de demi quartier, venu de la succession de feu Jacquet Hervy.
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Jacques Pépin «de Saint Victor» décède le 12 juillet 1549 à Montreuil. Bien que l'on ne précise pas la date de son décès lors de sa Sépulture du 13 juillet 1549, la coutume au village à cette époque veut que le défunt soit enterré le lendemain de sa mort. Mais Jacques est en réalité un coq de village. Il se démarque des autres dans les rites funéraires, car on lui faire dire une haute messe, chose peu commune chez les paysans. Une haute messe est célébrée par un évêque ou par le pape, ou encore une messe où le prêtre est assisté d'un diacre. Cette dernière définition probablement plus juste dans notre cas. 
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Item Le Sabmedy treiziesme Jour
de Juillet
fut Lan mil cinq centz
quaranteneuf fut mis en terre Jacques
pepin de Saint Victor Et ya convoy
Luminaire visitations et assistences vigilles
Landes commendaces et une haulte
messe solleupnels 
avecques Lentourage
La mention «de Saint Victor» après le nom de Jacques Pépin n'est pas sans signification. Cette expression est très rare car Saint-Victor désigne à la fois la ferme, la seigneurie et le marais sur la seigneurie. La mention ici ne signifie par contre pas un village ou hameau comme on s'attendrait normalement d'une telle mention, mais semble plutôt signifier l'habitation de la ferme St-Victor proprement dite. On sait que parmis les 15+ co-héritiers de Adenet Lesueur, il est l'un des quelques élus qui à partager la maison de la ferme, selon le Titre nouvel de 1528.
Comme la femme de Jacques Pépin se retrouve veuve avec des jeunes enfants. La Hervy semble se remarier assez tôt. Même si on ne connaît pas son époux, ni si elle se remarie, des indices semblent indiquer qu'elle épouse vers la fin de 1549 Mathurin Barbaran. On indique peu après cette date (voir Terrier 1543) que Mathurin tient les 4 arpents 3 pieds qu'avait déclaré Jacques Pépin en 1543, selon la note en marge. Mathurin est d'ailleurs lui-même veuf, depuis le 1er mai 1549, de Claudine Beausse enterrée à Montreuil. Mathurin semble de la famille de Barbaran/Barbaram/Barbasan de Fontenay. Il laisse donc très peu de traces à Montreuil.

Renaud Pépin son fils a peut-être passé son adolescence à Fontenay. Son futur beau-père Nicolas Laizier y tenait aussi quelques pièces.
Recherches: Denis J. Savard, octobre 2012
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