Le père BOUDOT, est sans doute un pêcheur normand parmi ceux évoqués dans Les Métis Acadiens de la Baie des Chaleurs, de Victorin N. Mallet (2010). Il aurait fondé la lignée mâle des Boudeau (sans doute par Jean, dont la veuve est cité voisine de Marie Boudot au même recensement), qui se fond vraisemblablement aux familles micmacs de la baie des Chaleurs. Passant de Boudeau dit Louisotte à Wisotte, ce nom est fréquent sur la réserve Listuguj (Ristigouche). Les filles épousent plutôt des pêcheurs européens (LeCoufle, Chicoine dit Cotton) et s’intègrent à leur communauté. Elle figure donc parmi les familles fondatrices des Métis Acadiens ou Acadiens du Nord. Les familles Legouffe (LeCouffe) et Boudau figurent d’ailleurs maintenant parmi les familles de la Communauté Métisse Autochtone de la Gaspésie. Dont voici un extrait:
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«La présence des Métis en Gaspésie en 1760 ne fait aucun doute. Après le départ de la France de l’Acadie en 1713, les personnes d’origine interethnique se sont regroupées en des sites stratégiques en Nouvelle-Écosse, à l’Île Royale (Cap Breton), à l’Île Saint-Jean (Île du-Prince-Édouard) et en divers lieux autour de la Baie des Chaleurs. Quand Wolfe mit la Gaspésie à feu et à sang en 1758, les Métis se sont retirés en différents lieux pour en ressortir après son passage. En 1760, Bazagier a dénombré à Listuguj «17 familles normandes et mitifs» faisant 100 personnes.

«DES MÉTIS ont été identifiés dans les premiers registres de Gaspé, la Malbaye, Grande-Rivière, Pabos, Port-Daniel, Bonaventure, Paspébiac, Caraquet et Listuguj : Alain, Boudau, Caplan, Chapadeau, Chicoine, Cronier, David, Duclos, Duguay, Garnier (Grenier), Giraud, Huard, Hyard, Julien, Larocque, Langlois, (Le) Bouthilier, LeBreton, Legouffle, Lepeau, (Le) Vicair, Mallet, Michel et Rousseau(…). Selon le généalogiste Réjean Martel, on les retrouve dans la plupart des arbres généalogiques des habitants actuels de la Gaspésie.»
Son épouse était sans doute une Gaspésienne (micmac) de la région. Mais on ignore tout sur elle. On peut penser que le père Boudot a eu à peu près le même parcours que que son gendre Aubin LeCoufle. Il a peut-être été laisser par l’armateur dans un poste de pêche pour garder le poste de pêche pendant l’hiver. Il n’y a pas de colons à proprement dit dans la région. Ceux qui qui s’y implantent, le font avec les seules femmes accessibles dans la région, les Autochtones (ou les métisse rejetons de ceux qui les ont précédés, comme dans notre cas). Comme ce n’est que la lignée maternelle qui a été testée pour démontrer son ascendance autochtone, la femme du père Boudot était peut-être métissée elle-même, d’un père européen. Son patronyme n’est pas passé aux anales si c’est le cas.
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M: vers 1618 Gaspé ou Percé

[Le père] BOUDOT
(...)
marin pêcheur, garde poste?
  • ca 1687 n Normandie, France
  • ca 1730 d Percé, Qc

Leur existence est déduite de leur trois présumés enfants, dont deux filles mitotypées (ADN) autochtones du côté matrilinéaire. Puisqu’il n’ont que trois enfants à peu près du même âge, on peut crois que l’un des parents est décédé jeune.
(Gaspésienne autochtone)
(...)
  • ca 1700 Percé
  • av 1761 Percé

Ou métisse de mère, ou de grand-mère maternelle autochtone.

Enfants:


  1. LOUISE BOUDEAU n app 1720 Percé; m Percé app 1742 Aubin LECOUFFE; d 16.9.1795 s 10.11.1795 Cascapédia
  2. JEAN BOUDEAU n app 1722 Percé; d av 1761 (Rc); marié, sa veuve a 2 garçons 2 filles au Rc 1761.
  3. MARIE BOUDEAU n app 1725 Percé; m Percé app 1740 Jean CHICOINE; d 10.12.1805 s 29.9.1806 Percé
On trouve les familles des trois enfant en tête de liste lors du recencement Du Calvet de 1761. Les habitant croyait qu’il était toujours au service des Français, alors qu’il était en fait passé aux Anglais. Le but était de dénicher les rebelles acadiens réfugiés dans la baie.
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Fausse piste
Suivant mon flair, qui me sert généralement plutôt bien, je croyais être sur la bonne piste sur un candidat pour [Le père] BOUDOT.

J’ai poursuivi pendant plusieurs semaines la famille de Pierre Boudeau, lui natif d’Amboise (Indre-et-Loire), maître cloutier de Rochefort, et sa femme Anne Tardy, mariés le 18 août 1698 dans la paroisse de Saint-Louis de Rochefort.
Le 4 février 1720, devant le notaire Tardy, David Got de Gotteville Belisle, - qui dirigera la nouvelle colonie de l’ïle du Prince-Édouard, par l’entremise de la Compagnie de l’ïle St-Jean - engage Pierre Boudeau, 43 ans, sa femme Anne Tardy, leur fille Marguerite 14 ans, et leur fils Jean 10 ans (qui aurait pu être le feu habitant de Barachois de La Malbaye de 1760), pour travailler trois ans au service de la compagnie en la dite île.

Je croyais avoir trouvé là le père de Marie et Louise Boudeau, à condition que Anne Tardy décède vers 1722 et que Louise naisse vers 1723 ou 1724 d’une mère autochtone. Il aurait pu se rendre de l’île vers la seigneurie de Lefebvre de Bellefeuille en Gaspésie à cette époque. Mais il fallait d’abord s’assurer que la famille ne soit pas retournée à Rochefort après leur engagement en 1723, comme prévu au contrat.
Dès la fin des termes du contrat, le compagnon cloutier Gabriel Brunet, qui s’était engagé avec sa femme Catherine Naulaud dans les même circonstances, est déjà de retour à Rochefort en novembre 1723 pour la naissance de leur fille Marie.

Après un examen minutieux des baptêmes (dont les parrains et marraines), mariages et sépultures, ce n’est qu’en 1727 que la famille Boudeau-Tardy donne le signe de vie après leur retour à Rochefort. C’est leur fille Marguerite qui apparaît la première comme marraine en 1727, nommant son père Pierre Boudeau cloutier.

Il faut encore attendre à 1742 pour la prochaine mention lors de mariage de Jean Boudeau à Marie Anne Robert, toujours dans leur paroisse d’origine, Saint-Louis. L’année suivante, c’est Marguerite, alors âgée de 38 ans, qui épouse Jean Peluchon, veuf de Marie Martin.

Ce Pierre Boudeau ne peut donc pas avoir engendré les Boudeau de la région de Percé mentionné au recensement de duCalvet en 1761, puisque Anne Tardy, native de La Rochelle (donc pas une autochtone), est toujours vivante en 1742 et 1743 comme son mari. Ils sont de retour à Rochefort avant 1627.
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La vie de pêcheurs en gaspésie.
Quoique les images ici ne sont très postérieur au père Boudot, les méthodes de pêches n’étaient guère différents à ceux-ci.

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Sources

- Denis Jean, communications personelle. 2013.
- Mario Mimeault, communications personelles 2012-2013.
- Rg St-Joseph de Carleton, Québec.
- Rg Sts-Anges-Gardiens de Cascapédia, Québec.
- Rg Percé, Québec
-
Recensement Du Calvet, Papiers Amherst/Haldiman, Baie des Chaleurs, Commencé le 31.7.1761, microfilm, Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson,, F906 (E425), 2012.
- Victorin N. Mallet,
Les Métis Acadiens de la baie des Chaleurs, Shédiac, N.-B., 2010, 264 pages.

Recherches:

Denis J. Savard, décembre 2013

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