M: vers 1570 Montreuil

28. Toussaint SOUHAITTÉ
(
Claude & Perrette DARENNES)
maître savetier
  • 1.11.1548 b Montreuil (pr Guillaume Darennes et Blaise Darennes, mr Jeanne Souhetay).
  • av 18.7.1598 d Montreuil.
29. Marie BOUDIN
(Pierre & Jacqueline de LA HAYE)
  • 4.1.1544 b Montreuil.
  • v 2.3.1618 d Montreuil (test.).
Enfants:

  1. JACQUELINE SOUHAITTÉ o vers 1571 [Rg lacunaires entre nov. 1570 et avril 1574]; m circa 1595 Thomas Vitry savetier, +1646
  2. JEAN SOUHAITTÉ o vers 1572 [Rg lacunaires entre nov. 1570 et avril 1574][Sous réserves... Selon acte de 1633 semble frère de Pierre]; m vers 1596 Marguerite Pierestz
  3. PIERRE SOUHAITTÉ o vers 1574 [Rg lacunaires entre nov. 1570 et avril 1574]; m DENISE PÉPIN; d 1625 peste.
  4. NICOLE SOUHAITTÉ o 19 b 20 janvier 1577 Montreuil (Pn Nicolas Boudin, Mn Colette Girard et Catherine Adet); m Jacques Héricourt (+ avant 30.8.1604), rem app. 1605 Robert Vitry savetier.
  5. MARGUERITE SOUHAITTÉ o 9 b 25 octobre 1579 Montreuil (Pn Jean Souhetay, Mn Marguerite Prévost et Barbe Cambray; probablement décédée jeune.
Marie Boudin est baptisée à Montreuil le  4 janvier 1544, fille Pierre Boudin et Jacqueline de La Haye.  La Succession de 1615, confirme que c'est bien la même Marie Boudin qui épousera Toussaint Souhaitté.
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Toussaint Souhaitté (Souhetay) voit le jour à Montreuil, comme son nom le dit, à la Toussaint. Il est baptisé même jour, soit le 1er novembre 1548 à St-Pierre et St-Paul de Montreuil [AD93 Rg ML].
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                         Eadem die prima mensis Novembus
Per me Guillermum Macet pbrm [presbitarium] baptisate est Tossanus
filius Claudii souhetay et L rete darennes eme uxoris
Lenatus de sacrosonte L guillermum darennes blansium
darennes et Joannam Souhetay
[L abbr. = par ou per donc Perrette ]

C'est par cet acte que l'on connaît les parents de Toussaint : Claude Souhaitté & Perrette Darennes.
Le mariage du couple Souhaitté-Boudin, doit se situer vers 1568. Comme les mariages sont lacunaires entre 1565 et 1574, leur acte de mariage n'a pas été conservé.
Au début 1571, Toussaint Souhaitté est poursuivit en Justice pour une raison que l'on ignore, par Jean Geoffrion [AN Z/2/2500]. Ces minutes sont très brèves, résumant la comparution. Les documents justificatifs et autres éléments de preuves de la cause sont classés ailleurs. Le 30 janvier 1571, Nicolas Darennes représentant Toussaint Souhaitté affirme que son client sera présent au prochaines assises de la cour. À cette période, les représentants de la justice semble sièger à Montreuil les mardi. Le 6 février 1571, Toussaint Souhaitté prête serment, et jure qu'il n'a rien de Geoffrion sauf une paire de semelle de soulier qu'il offre de lui rendre. Signe de quoi à 22 ans, il est déjà cordonnier. Le procureur de Jean Geoffrion est rappelé pour fournir une estimation des biens que le plaignant réclame, le 20 février 1571. Mais le procureur n'a rien à présenter et demande une autre semaine (la huitaine)pour produire les documents. Quoi qu'il en soit, Souhaitté semble avoir raison, car le 27 mars 1571, Toussaint apparaît cette fois comme demandeur pour que l'on ordonne à Geoffrion de régler les frais encourus pour la poursuite, charge du perdant de la cause. Le langage légal et l'écriture sténographique rendant la lecture difficile, cette interprétation est avancée avec réserves. Les témoignages et la plainte se semblent pas avoir été conservés. En fait cette liasse des minutes civiles (1563-1576) a été classé par erreur parmi les documents de la justice de la seigneurie de Montreuil, alors que mon relevé révèle qu'ils d'agit plutôt des Audiences de la justice des terres et fief du Temple de Paris à Montreuil. C'est un tout petit fief qui comprend à peine un douzaine de censitaires, dont en toute vraisemblance la boutique de savetier de Toussaint. Selon des amendes taxés aux manants en 1566, c'est l'oncle maternel de Toussaint - possiblement son tuteur - qui occupait cette propriété en 1566.
On retrouve par la suite Toussaint Souhaitté dans le Censier du terrier de St Antoine de 1574 [AN S/4401/54], relevé par René Connat. Nommé Toussaint Souhetté, savetier à Montreau (situé à l'est sur la carte de 1770 ci-dessous, près Fontenay), pour une terre de 15 perches à Montreau. Cette terre semble donc se situer près de la Ferme St-Antoine, située à mi-chemin entre le château de Montreau et le centre du village de Montreuil.
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Ferme St-Antoine lieu-dit Montreau, possible lieu de censive de 1574. (Carte des chasses vers 1770)
Toussaint Souhaitté décède avant l'été 1598. On ne connaît pas la date exacte, car les actes de sépulture n'ont pas été conservés pour cette période.
Le 18 juillet 1598, Marie Boudin, veuve de feu Toussaint Souhaitté passe une Déclaration d'héritage [AN S/4403] de ses terres tentant du fief de l'Abbaye des religieuses Saint-Antoine. Elle tient deux pièces d'un demi quartier chacune (deux fois 12,5 perches) au lieu-dit les Blancs Villains à Montreau, faisant partie du fief de Saint-Antoine. Les pièces sont toutes deux rattachées d'une dîme de six sols parisis. La terre mentionnée au cens 1574 semble depuis avoir été augmentée.
À cette date, ce mercredi avant-midi 1er juin 1605, on se rassemble avec le notaire Hierosme Mallot dans la demeure de Pierre Souhaitté. Mallot y rédige une minute de Report de rente, de Jacques Pépin envers Marie Boudin, dite veuve de feu Toussaint Souhaitté [AD93 Et/CXXXI/1]. Mais plus qu'un simple report, on y décrit comment Marie Boudin semble vouloir consolider la rente qui semble avoir apartenu au patrimoine la famille Laizier, les ancêtres de sa brue Denise Pépin.  Il sera peut-être possible d'en savoir plus long car Marie Boudin semble avoir ses titres en main puisque le notaire décrit chacun en nommant les notaires signataires. Premièrement, Jacques Pépin agit comme tuteur et curateur des enfants mineurs de Nicolas Laisier & Anne Breteau sa veuve, qui a épousée depuis en secondes noces Pierre Bescheux, serviteur de madame la duchesse d'Angoulême. Ce Nicolas Lesier est le demi-frère de Thierrie Laisier, fille de Nicolas Lesier et sa deuxième épouse Jeanne du Vaux. La rente reportée est de 60 sols tournois, qui représente un tiers d'un titre de rente de neuf livres tournois. On mentionne ensuite les actes suivant dans la minute, que Jacques Pépin et Marie Boudin semblent avoir en main au sujet de ce titre.
    - Le 30 mars 1605 [à voir AD93 Et/CXXXI/1], Titre nouvel de rente de 60 sols t. entre Pierre Berthery à Jacques Pépin. Ce titre est ici transporté à Marie Boudin le premier juin.
   - Le
9 janvier 1604 devant (Nicolas) Privé notaire [Et/LXII/37], vente titre de rente de 60 sols t. par feu Jean Laisier l'aîsné et Marion Fournier sa femme et defunt Thomas Renard. Ce Jean Laisier l'aisné est soit un deuxième frère du nom de Thierrie Lesier, ou son oncle, un frère de Nicolas Lesier. Thomas Renard est l'époux en deuxième noces de Catherine Milcent, mère de Marion Fournier.
    - Le
9 octobre 1577 devant (Adrien) Arragon [Et/LXXXV/77 ca] et (Jacques) Joyeux [Et/XXIX/31 ca], Vente et constitution de rente par Gilles Foucault et Louise Laisier sa femme à Denise Pépin veuve de feu Etienne Cornu, rente de 3 livres 10 sols t. (donc 70 sols). Ici, Louise Laisier est la soeur de Thierrie Laisier. Cette Denise Pepin est peut être une soeur de Renaud Pépin, l'époux de Thierrie Laisier. On trouve "au bas d'un contrat", présumé celui-ci, un Rachat par Thierrie Laisier envers Girard Renard, qui est fils de Thomas Renard & Catherine Milcent. On peu croire que Thierrie Laisier a cédé cette part à (Marie Boudin) la mère de son gendre Pierre Souhaitté, car destinée il semble à leurs petits-enfants communs.

Marie Boudin est effectivement chargée aussi des deux derniers contrats cités. Donc après cet acte, elle semble en fait tenir le titre entier cité, de 9 livres tournois. Comme témoin,
Pierre Souhaitté qui signe, ainsi que le beau-père de Jacques Pépin, Robert Masson, et grand-père de l'épouse du couple-pionnier canadien Gaston Guay & Nicole Prévost, qui signe aussi (voir ce lien). Nous somme à tenter de retrouver ces actes cités qui jetteront plus de lumière sur les complexités de cette rente.
Le 23 juin 1607, Pierre de Vitry fils de Robert Vitry passe une Vente et transport de rente de 75 sols de rente à Marie Boudin, veuve de Toussaint Souhaitté, qu'elle achète ou la somme de 45 £ [AD93 Et/CXXXI.5]. On indique que cette rente a été fondée le même jour, vendue par Robert Vitry à son fils Pierre Vitry. Ce n'est pas le même Robert Vitry qui épouse dans cette période Nicole Souhaitté fille de Marie Boudin. En terme moderne, Pierre prête (en théorie) 60 £ à son père (une rente de 75 sols annuel vaut normalement 60 £; soit 1/16 en intérêt, le capital demeurant fixe) contre les 75 sols. Mais Pierre Vitry transporte aussitôt cette rente à Marie Boudin pour 45 £. Reste à expliquer la différence entre les 45 £ que Marie paye pour le titre et les 60 £ présumés qu'a payé Pierre à son père. La rente est rattachée au tiers d'une maison, court et jardin assise Rue Du Pré. Le tout comprent deux ou trois quartiers de terre. Le fils de Marie Boudin, Pierre Souhaitté assiste à la rédaction de l'acte et signe.
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Marie Boudin passe de nouveau chez le notaire de Montreuil le 31 janvier 1610 avec ses enfants pour passer une Constitution de rente, où chacun des enfants, Pierre, Nicole et Jacqueline, doivent payer annuellement 20 sols tournois à leur mère [selon cessation de 1614]. Cet acte n'a pas encore été retrouvé, et n'a peut-être pas été conservé.
Marie Boudin, veuve de Thousaint Souhaitté, cède une Maison cour et jardin assise Rue Charles Boitel d'une valeur de 162 £ à ses enfants (Pierre, Jacqueline et Nicole), selon un Accord de transaction le 1er décembre 1611 [AD93 Et/CXXXI.13] entre Pierre Souhaitté et Thomas de Vitry à cause de Jacqueline Souhaitté sa femme. Les détails de cette transactions sont élaborés sous Pierre.
Le 18 novembre 1613, Pierre de Vitry est libéré de la rente du tiers de la Maison cour et jardin Rue du Pré prise six ans plus tôt, quand Jean de Cambray prend la relève en tant qu'époux de Thomasse de Vitry, elle veuve en première noce de Robert de Vitry, au nom de son beau-fils Denis de Vitry, par un Titre nouvel de rente [AD93 Et/CXXXI/17] envers Marie Boudin, veuve de Toussaint Souhaitté. La rente est toujours de 75 sols tournois. La veuve Boudin n'est pas présente, et le preneur est chargé de lui livrer sa copie du titre. Il semble d'après cet acte que Pierre Vitry donne simplement cette rente à son frère Denis qui n'est toujours pas majeur.
Le 22 novembre 1614, Marie Boudin veuve passe une Cessation de rente [AD93 Et/CXXXI/19]. Marie Boudin reconnaît cette rente constituée le 31 janvier 1610 passé à Montreuil (dont nous tentons de retrouver), à Pïerre Souhaitté, Nicole Souhaitté alors veuve de Jacques Héricourt (depuis remariée à Robert Vitry), et à son gendre Thomas Vitry à cause de Jacqueline Souhaitté. Marie Boudin témoigne de la grande amitié qu'elle porte pour ses enfants, et à l'affection et l'amitié qu'ils lui ont porté, pour justifier son geste. Bien que ses enfants semblent absent lors de la rédaction, le beau-frère de Pierre Souhaitté, Jacques Pépin signe comme témoin. Mais ce geste est peut-être pour aider Pierre et sa femme qui font face à la justice dans l'affaire contre Quentin Celerin, quelques jours auparavant.
Marie Boudin hérite de sa soeur le 24 avril 1615 [AD93 Et/CXXXI.20], lors du Partage de succession de feue Isabel Boudin. Malgré ses trois mariages (avec Jean Vitry, Guillaume Boucot puis Germain Thioust) dont trois naissances connues, Isabelle, veuve, n'a apparemment pas de progéniture à son dècès, car se sont ses frères et soeurs qui réclament sa succession. Puisque ses enfants ne survivent pas, son patrimoine est divisé entre ses frères et sa soeur. C'est donc Robert Boudin courroieur en cuir et bourgeois de Paris, Marie Boudin veuve de Toussaint Souhaitté, et Laurent Villard gendre de Nicolas Boudin ayant épousé sa fille Marie, qui se présentent por le partage. (Marie Boudin est d'ailleurs la marraine de cette nièce homonyme). Après avoir fait visiter les possessions (3 pièces de 8 perches) par des vignerons «gens à de ce connaissants», les sujets s'entendent sur une division trois lots, qui sont ensuite tirés au hasard comme le veut la coutume. Même si elles font chacun 8 perches, elles n'ont pas le même prix. Le premier lot qui se comporte de la pièce 8 perches au lieu-dit Fosse à Pinson, est tirée par Robert Boudin. Les deux autres lot se composent de chacune des moitiées des deux autres pièces aux lieux dits Bataille et Les Plâtrières. Même divisées, les priseurs estiment que les deux derniers lots ont une valeur supérieure au premier. Marie Boudin et Laurent Villard doivent donc payer chacun 60 sols (3£) tournois de «soulte et retour» pour s'en tenir quitte. Le fils de Marie Boudin, Pierre Souhaitté, et ses gendres Thomas et Robert Vitry, tous marchands savetiers, assistent comme témoins au partage.
Selon l'acte qui suit, Marie Boudin décide de léguer sa maison à ses enfants. Le 16 février 1618, devant les notaires au Châtelet de Paris, Pierre Fieffe et Thomas Groyn, elle fait passer un Transport et délaissement de maison à Pierre Souhaitté, Nicole Souhaitté femme de Robert Vitry et à Jacqueline Souhaitté femme de Thomas Vitry [AN Et/LXII/?]. Cet acte qui n'a pas encore été vu devrais faire l'objet d'une étude au cours de l'hiver, s'il a été conservé.
Trois jours plus tard, les gendre de Marie Boudin décident de vendre leurs parts de la maison à Pierre Souhaitté. Robert de Vitry et Thomas de Vitry et leurs femmes passent le 19 février 1618 une Vente de maison [AD93 Et/CXXXI/22] à Pierre Souhaitté. On cite dans cet acte que Marie Boudin a délaissée tel que décrit ci-dessus. On apprend aussi dans cette vente que Marie Boudin a rattaché au délaissement une obligation de constituer une rente de 20 sols tournois envers la fabrique de l'église de Montreuil au jour de son décès. Marie Boudin doit sentir avec raison ses jour comptés.
Quelques jours plus tard, Marie Boudin veuve de Toussaint Souhaitté demande un Inventaire de ses biens le 28 février 1618, qui désire habiter au logis de son gendre Thomas Vitry, savetier [AD93 CXXXI/22]. Elle pense y demeurer pour une période de trois mois, à partir du lendemain, soit le premier jour de mars.  Thomas Vitry accept donc  de s'occuper des affaires de sa belle-mère pendant cette période. Elle doit sûrement penser aller habiter chez son fils  Pierre Souhaitté, par la suite selon la période en question.
Mais en fait, elle ne s'y rendra jamais car selon l'acte qui suit, elle décède pendant cette même nuit, présumément tôt le 1er mars 1618.
Dans un Délaissement de son fils Pierre Souhaitté du 27 juin 1625 [AD93 Et/CXXXI/36 classé sous le 24], on apprend que Marie Boudin avait fondé dans son testament une rente sur sa maison Rue des Oues à l'église de Montreuil, qui fût enregistré le 1er mars 1618, par son fils Pierre Souhaitté, à titre d'exécuteur testamentaire. Cette Donation n'a cependant pas été retrouvée. La rente de 20 sols tournois (1£) annuelle était à la charge de faire dire et chanter une basse messe le 24 février de chaque année pour les vivants et trépassés.
Sources:
AnF (Caran), Minutes civiles justice de Montreuil, fief du Temple. [Z2/2500]
AnF (Caran), Censier fief St-Antoine (Montreau) à Montreuil. [S/4401]

Rg St-Pierre-St-Paul de Montreuil (microfilm du Cercle généalogique de l'est parisien)

Recherches: Denis J. Savard, octobre 2012
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