M: vers 1595 Montreuil

14. Pierre SOUHAITTÉ
(
Toussaint & Marie BOUDIN)
marchand savetier
  • ca 1573 n Montreuil.
  • 26.6.1611 cité tém. au m de Pierre Thevenart et Denise Beuret fille Etienne, Rg Montreuil.
  • 13.1.1615 cité tém. m Guillaume Sion.
  • 19.9.1625 d Montreuil «de la peste» s 20 Rg SPP.
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15. Denise PÉPIN
(Renaud & Querrii LAIZIER)
  • ca 1575 n Montreuil.
  • 20.10.1628 d Montreuil s 21 Rg SPP.
Enfants Souhaitté-Pépin:

  1. MARIE SOUHAITTÉ n vers 1597 Montreuil; m 1615 QUENTIN HORDOUILLE.
  2. ANTOINETTE SOUHAITTÉ n 9.4.1599 Montreuil (mr Antoinette Locart et Jacqueline Souete, pr Jacques Pépin); m MATHIEU MERGER; elle décède le 13 juillet 1663.
  3. ISABEAU SOUHAITTÉ n 2.7.1600 Montreuil (pr Jean Souhaitté, mr Isabeau Boudin et Barbe Girard); probablement décédée jeune ou de la peste en 1625.
  4. JACQUELINE SOUHAITTÉ n 26.9.1601 Montreuil (pr Girard Regnard, mr Jacqueline Masson et Nicole Souhaitté); décédée de la peste le 19 septembre 1625.
  5. NICOLAS SOUHAITTÉ n 26.1.1603 Montreuil (pr Nicolas de St-Omer et Thomas Vtry, mr Jeanne Durant); décédé après 1684.
  6. PERRETTE SOUHAITTÉ n 4.1.1604 Montreuil (pr Denis Preaux, mr Perrette Nicolas et Denise Beuzet); probablement décédée jeune ou de la peste en 1625.
  7. PIERRE SOUHAITTÉ l'aîné n 13.8.1605 Montreuil (pr Pierre Darennes et Nicolas Laisier, mr Marie Thioust); probablement décédé jeune ou de la peste en 1625.
  8. EUSTACHE SOUHAITTÉ n 10.12.1606 Montreuil (pr Eustache Houdart, mr Jeanne Chauvin); cordonnier, m AGNÈS CHARTON
  9. DENISE SOUHAITTÉ n 12.9.1608 Montreuil (pr Pierre Vitry, mr Marie Beuzet et Perrette Mension); probablement décédée jeune ou de la peste en 1625.
  10. BAPTISTE SOUHAITTÉ n 1.1.1610 Montreuil (pr Baptiste Lior pâtissier et Claude Guiot, mr Marie Beuzet); probablement décédé jeune ou de la peste en 1625.
  11. CATHERINE SOUHAITTÉ n app autome 1611 Montreuil; probablement décédée jeune ou de la peste en 1625.
  12. PIERRE SOUHAITTÉ le jeune n 1.8.1613 Montreuil; probablement décédée jeune ou de la peste en 1625.
  13. CHRISTOFLE SOUHAITTÉ n app. 1615 Montreuil; cité 28 décembre 1626.
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Pierre Souhaitté, fils de Toussaint Souhaitté et de Marie Boudin, est maître savetier puis marchand savetier (ou cordonnier).

La
naissance de Pierre Souhaitté doit se situer lors dans la période lacunaire dans les baptêmes de Montreuil entre 1569 et 1574, car elle n'a pas été retrouvée.
Pierre Souhaitté est cité la première fois dans les registres de Saint Pierre Saint Paul de Montreuil sur le Bois de Vincennes, le 1er novembre 1593 alors qu'il est choisi comme parrain de Toussaint Darennes, fils de Roch Darennes et de Perrette Fremy [AD93 Rg ML]. Plutôt que prêter son nom à l'enfant, il semble lui donner le nom de son père, qui a aussi vu le jour à la Toussaint. Roch Darennes est cousin germain de Toussaint Souhaitté.
Vers 1595, Pierre prend en mariage Denise Pépin, fille de Renaud Pépin et Thierrie Laizier, Le baptême de Denise n'a pas été retrouvé non plus pour la même raison que son mari.
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Le premier contrat concernant Pierre Souhaitté aux minutes du greffier de Montreuil est daté du 23 avril 1603, lors d'un Échange [AD93 Et/CXXXI.1]. Pierre échange une pièce de terre pour une pièce de vigne avec son beau-frère Thomas Vitry époux de Jacqueline Souhaitté, soeur de Pierre. Il est déja marchand savetier à Montreuil à cette date. Comme la pièce que reçoit Pierre est légèrement plus grande que l'autre, il payera 4 £ 10 sols pour la plus value. Pierre délaisse donc six perche de terre au lieudit Les Blanc Villains (seigneurie de Montereau) à Thomas de Vitry. À l'inverse Vitry lui échange  huit perches de vignes au lieudit La Garenne (censive abbaye St-Antoine-des-Champs), qui doit se trouver comme le lot précédant à l'est de la ferme de Montereau. Comme témoins, Girard Renard et Eustache Houdard sont présents à la rédaction de l'échange.
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Pierre Souhaitté marchand savetier et Robert Masson maçon se trouvent ensemble et signent comme témoins lors d'un Titre de rente du 30 mai 1605 par Pierre Bescheux, serviteur de madame la duchesse d'Angoulême [AD93/2E6.1/cxxxi.1 tabellionage Montreuil].

Robert Masson est beau-frère de Denise Pépin à cause de Jacqueline Masson (soeur de Robert) mariée à Jacques Pépin (frère de Denise). C'est la famille Pépin et Laizier (ou Lesier) qui est impliqué dans cette rente : Le serviteur de la duchesse est l'époux en secondes noces de Anne Breteau, veuve de Nicolas Laizier, frère de Thierrie dite Querry Laizier, mère de Jacques Pépin. Pierre signe le titre, alors que Robert se contente d'apposer son paraphe caractéristique (à droite).
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Le matin du 1er juin 1605, se rassemblent chez Pierre Souhaitté, son beau-frère Jacques Pépin en compagnie du notaire Jérôme Mallot, et sa mère Marie Boudin (si cette dernière récemment veuve n'habite pas déjà avec lui) et le maçon Robert Masson, beau-frère de Jacques Pépin et grand-père de Nicole Prévost oo Gaston Guay ancêtres canadiens. Jacques Pépin passe un Report de rente à Marie Boudin qui semble consolider un bien du patrimoine Laizier. On cite quelques acte actes en ce sens passés antérieurement à Paris. Pour les détails de cet acte où Pierre Souhaitté appose sa signature comme témoin (ci-contre), voir Marie Boudin en 1605.
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Le 11 décembre 1606, Jacques Drouin, laboureur, passe d'un acte de Vente envers Pierre Souhaitté [AD93 Et/CXXXI.4]. Pierre Souhaitté achète un quartier et 16 perches de vignes (donc 41 perches au total), divisées en deux parties. Valentin Thioust et Roch Coquonnier sont cités ayant les pièces de terres voisines au lieu-dit le Hanault. Le prix est de 42 livres tournois, et il verse un premier paiement avec deux double pistoles, qui valent alors 6 livres 16 sols tournois chacun, donc 13 livres 12 sols. En fin d'acte, Pierre Souhaitté signe avec ses témoins Claude Charton et Jacques Pépin, son beau-frère.
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Pierre Souhaitté est encore témoin le 23 juin 1607 [AD93 Et/CXXXI/5] lorsque sa mère Marie Boudin achète une rente de Pierre Vitry fils de Robert Vitry. Pierre Souhaitté y appose sa signature.
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La mère de Denise Pépin, Thierrie dite Querrii Laizier , veuve de Renaud Pépin, est citée lors d'un Titre nouvel du 15 février 1608 [AD93 Et/CXXXI/7]. C'est un titre de 8 livres de rente, passé par Jacques Pépin à ladite Laisier sa mère, pour une Maison d'hotel couverte de tuiles court et jardin situé Rue du Millieu. Pierre Souhaitté qui assiste à la rédaction du document, est intéressé par l'affaire car plus tard il en tiendra la moitié pour sa femme. À la suite, sur l'endos du document, on trouve un Transport à Pierre Souhaitté héritier de feu Thierrie Laizier à cause de Denise Pépin sa femme, par Jacques Pépin son beau-frère, daté du 26 octobre 1619. Ici, Pierre Souhaitté prend possession de la moitié de la maison, ainsi que la moitié de la rente qui y est rattachée. Pierre signe à nouveau (voir 1619).
Pierre est encore témoin quand la Rente pour la Maison d'hotel couverte de tuiles court et jardin citée ci-dessus est modifiée le 22 novembre 1608 [AD93 Et/CXXXI/8].
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À la suite à ce document, le 26 octobre 1609, Pierre a hérité de Thierrie Laisier une portion de la rente du 22 novembre 1608. La rente en question était vraisemblablement un revenu pour la veuve Thierrie Laisier, et son décès en mai 1609 rend cette rente désuète. Pierre Souhaitté Décharge donc son beau-frère : «(Pierre Souhaitté) quitte et décharge ledit Pépin et ces hoirs et ce pour telle part et portion qu'il lui en pourrait ci prêter et appartenir d'icelle rente». Pierre signe les deux parties du document, même si on ne le nomme pas dans la partie du texte de 1608. (1608 à gauche, 1609 à droite)
Le 26 février 1609, le charpentier de la basse-cour du château du bois de Vincennes, Ragon Fiènet, intente un Procès contre Pierre Souhaitté au sujet d'un droit d'hypothèque. Ce fait est cité dans la renonciation du 29 décembre 1611 plus bas, presque trois ans plus tard [cité AD93/Et/CXXXI/13].
Selon un acte ultérieur, Marie Boudin passe chez le notaire de Montreuil le 31 janvier 1610 avec ses enfants pour passer une Constitution de rente, où chacun des enfants, Pierre, Nicole et Jacqueline, doivent payer annuellement 20 sols tournois à leur mère [à voir AD93 Et/CXXXI/14]. Cette rente est sûrement rattaché à l'un ou tous les titres récemment délaissés. Cet acte n'a pas encore été retrouvé, et n'a peut-être pas été conservé.
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Pour une raison que l'on ignore, Pierre Souhaitté cordonnier est en prison le 16 août 1610. Ce jour là, il fait un Exposé au prévôt de Montreuil pour demander son élargissement (sa libération) sous caution de la prison de Montreuil [AN Z/2/2515]. Geneviève Chevreau et Roch Coconnier ont porté plaine contre Pierre Souhaitté et demandé sa ré-incarcération. Selon le texte, il semble que ce soit la deuxième fois qu'il y est enfermé dans cette cause. C'est son beau-frère Jacques Pépin qui sera garant de sa caution. Pour sa libération, Pierre promet de se présenter à toutes les assignations (convocations) qu'il recevra. Quel que soit son crime, il ne semble pas représenter un danger puisqu'on le libère sous la simple promesse de comparaître. Les interrogatoires, informations (témoignages) et le dicton de sentence pour cette cause n'ont pas été retrouvé dans les minutes en question. Les parties en viendront par contre à un accord huit mois plus tard (ci-bas). La cause précise du différent demeure un mystère.
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Entre temps, Pierre Souhaitté, prend sous son aile comme apprenti cordonnier un certain Jean Beruzer, fils de feu Jean Bernier, de Nogent-sur-Marne. Le contrat d'Apprentissage est daté du 27 décembre 1610 [AD93 Et/CXXXI/11], et l'enfant doit entrer au service de Pierre 4 jours plus tard. C'est avec Noël Thioust, aussi de Nogent-sur-Marne, que Pierre transige, car Thioust a marié la veuve Bernier, et a donc la gouvernance de Jean Bernier. Pierre Souhaitté est donc responsable de loger, nourir, vêtir et d'enseigner le métier de savetier (cordonnier) au jeune Beruzer. Encore ici, Pierre appose sa signature, mais cette fois il signe Souhetté plutôt que Souhaitté cette fois. Le jeune Bernier appose aussi sa signature. Jean Bernier fera un bon apprenti, car il se ré-engagera au service de Pierre Souhaitté trois ans plus tard.
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Pierre Souhaitté a porté en appel la cause qui l'oppose à Roch Coquonnier, jusqu'au Parlement de Paris, avant d'en venir à un accord le 7 avril 1611. Roch Coquonnier et Geneviève Chevreau sa femme passent avec Pierre Souhaitté un Accord et transaction à cette date devant le notaire de Montreuil Hiérosme (Jérôme) Mallot [AD93 Et/CXXXI/12]. Cet acte qui est maintenant traduit, n'indique pas malheureusement pas la cause du procès en question, mais il est clair que Pierre Souhaitté est défendeur dans la cause. Pierre Souhaitté dois acquitter la somme de 108 livres tournois, sois 90 livres pour les frais et dépenses encourrues pour le procès envers le prévost de Paris, et dix-huit livres à Roch Coquonnier et sa femme. Il s'agit possiblement d'un différent au sujet de leurs pièces de vignes voisines au lieu-dit Hanault près de la Ferme St-Victor.
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Le 31 mai 1611, Pierre Souhaitté marchand savetier passe un Marché avec son beau-frère Thomas de Vitry, l'épouse de sa soeur Jacqueline Souhaitté [AD93 Et/CXXXI/12]. Cet acte est assez intéressant car il nous apprent que Pierre appartient 9 perches de jardin, dont une partie est plantée d'arbres fruitiers. On n'indique pas quels fruits il récolte. Pierre loue donc les 9 perches à Thomas de Vitry, mais il se réserve la récolte des fruits de ces arbres, et un droit de passage pour la récolte comme «bon luy semblera sans faire aulcun desgatz sur led. lieu». Thomas de Vitry est aussi «tenu d'entretenyr les haies et closture dudt. Jardin» etc., et chargé de planter un demi «quarteron». Thomas de Vitry paie quatre livres tournois de loyer pour les 9 perches. La pièce de jardin en question se situe au lieu-dit Rue Charles Boitel:
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Sabine Pesier parle de Charles Boitel dans son ouvrage sur Montreuil aux 14e et 15e siècles, dont je paraphrase ici. Capitaine de Vincennes (1417), et propriétaire du l'hotel portant son nom qui fut confisqué par les Armagnacs (1425), à l'angle (à l"époque) de la Rue de l'Orme qui ne dort et de la Rue du Pré/Chemin de Rosny. Son nom fut laissé à cette rue, ainsi qu'un croix qui fut hissé à son honneur près de l'hotel en 1493, avant de disparaître à nouveau. Elle ne situe pas la rue sur le plan car postérieure à son étude, pas plus que le site de la mairie dans son lexique de rues. Mais selon les indications de Gilbert Shoon du Musée de l'histoire vivante de Montreuil, il s'agit de l'actuelle rue Dombasle.
Dans une série de livres sur Montreuil, on indique que Charles Boitel échanson du roi, a reçu personnellement l'hôtel par Charles V (comprenant maison, granges, pressoir, étables, cour, vignes, jardins, rentes,etc.). Il appartenait auparavant à Philippe Gillier, un receveur trésorier royal, poursuivi à plusieurs reprises pour malversations et saisi en 1365. Elle fut rachetée au XVè siècle par l'abbaye de saint Antoine.
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Depuis leur mariage autour de 1595, la soeur et le beau-frère de Pierre, Jacqueline Souhaitté et son mari Thomas Vitry, semblent habiter une maison du patrimoine Souhaitté assise Rue Charles Boitel, composée d'hotel, court, terre et jardin. Selon un Accord de transaction du 1er décembre 1611 [AD93 Et/CXXXI.13], leur mère Marie Boudin veuve de Thousaint Souhaitté décide de délaisser la maison à ses enfants Pierre, Jacqueline et Nicole. De toute évidence, Marie Boudin ne demandait pas la rente de 10 livres rattachée à la propriété. Mais fin homme d'affaires, Pierre n'hésite pas à exiger de son beau-frère sa part de rente (3 livres et un tiers) dûe depuis que Thomas Vitry habite la maison. Pour éviter un procès, Thomas Vitry accepte de payer 54 livres tournois à Pierre Souhaitté, et il promet de prendre un titre nouvel de rente auprès de Pierre Souhaitté, de 3 livres 6 sols 8 deniers tournois annuellement. On peut donc en déduire que Thomas habite la maison depuis 16 ans.
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Pierre semble à la recherche de capitaux pour s'aquitter de L'hypothèque d'une autre maison. En effet, le 29 décembre 1611, Ragon Fiènet, maître charpentier à la basse court du Château du bois de Vincennes, passe une Renonciation [AD93 Et/CXXXI/13], au profit de Pierre Souhaitté. Selon cet acte, Ragon Fiènet a passé une requête au prévost de Montreuil presque trois ans plus tôt le 26 février 1609 au sujet de son droit d'hypothèque de la maison et lieux (sans préciser), à l'encontre de Pierre Souhaité. Nicole Fournier (veuve Denis Epaulard) et Jean Epaulard son fils ont finalement payé le droit d'hypothèque à Fiènet ce qui a mis fin au litige. Pierre Souhaitté exige la rédaction de ce contrat qui l'exonore de la poursuite, ce qui explique le manque de détails. Ceci porte à croire que Pierre Souhaitté est propriétaire de la maison en question qui est hypothéquée envers Fiènet, et la loue à la veuve Fournier. L'hypothèque en question doit simplement être une rente sur la maison, au nom de Pierre Souhaitté. Le bail à loyer à la veuve Fournier par Pierre semble prévoir qu'elle paye cette rente en guise de loyer, ce qu'elle néglige de faire vers 1607 ou 1608, ce qui déclenche le litige Fiènet contre Souhaitté. Comme le montre la photo de la signature de Pierre, le document est très déterioré par l'humidité. Les audiences de la justice de Montreuil en cours de dépouillement renferment peut-être d'autres détails de cette cause. À suivre...
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Le 6 février 1612, Pierre Souhaitté et Thomas Vitry se présentent chez le tabellion Mallot pour passer le Titre nouvel de rente de la maison d'hotel Rue Charles Boitel, tel que prévu deux mois plus tôt [AD93 Et/CXXXI/14]. Thomas Vitry doit donc payer annuellement et perpétuellement à la St-Martin d'hiver, les trois livres six sols huit deniers tournois, à Pierre Souhaitté. Mais, à la suite du document on trouve un autre acte daté du 18 juin 1615, où Pierre Souhaitté accepte finalement de vendre sa part à Thomas de Vitry, pour la somme 40 livres. Pierre ne signe pas la rente, mais il signe la vente en 1615.
Le même jour, le 6 février 1612, Pierre Souhaitté et Thomas Vitry passent à Paris devant les notaires Fierre et Groyn, pour un autre Titre nouvel de rente, mais cette fois sur la maison Rue du Moustier [AN Et/LXII/? cité AD93/Et/CXXXI.22 du 19.2.1618]. Cette rente est cité dans une vente de 1618; l'original reste à être examiné. On précise alors qu'ils détiennent la maison de leur mère Marie Boudin. Les co-héritiers sont donc à régler les papiers de la succession.
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Pierre Souhaitté est ensuite cité au Délaissement du 19 mai 1612 [AD93 Et/CXXXI/14], à l'église Saint Pierre et Saint Paul, en vertu du testament de Querrii Laizier passé devant messire Pierre Guérin curé de Montreuil le 12 juillet 1603. Dans cet acte, Pierre Souhaitté est dit savetier à Montreuil et il signe.
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Le 10 mars 1613, Noël Thioust, laboureur à Nogent(-sur-Marne) et Rachel Boucot sa femme (veuve en première noces de Jean Bernier), passent un Bail à loyer [AD93 Et/CXXXI.16] de Pierre Souhaitté, marchand savetier. Le fils de Rachel Boucot, Jean Bernier, après à peine deux ans d'apprentissage sous les conseils de Pierre Souhaitté, est maintenant compagnon savetier. Le jeune Bernier s'engage a servir fidèlement Pierre Souhaitté. Ce dernier logera, nourira et habillera le nouveau compagnon pour la somme de six livres tournois de loyer par année. Comme témoins lors de la rédaction de se bail se trouve Thomas de Vitry, aussi savetier de métier. Pierre Souhaitté et son beau-frère semble donc collaborer au niveau professionnel.
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L'atelier familial de savetier commence donc à être à l'étroit. Thomas de Vitry semble exercer avec son beau-frère Pierre Souhaitté, et Jean Bernier est maintenant retenu au service de Pierre.  Le 24 juin 1613 [AD93 Et/CXXXI/16, intitulé daté et classé erronément le 4 juin], Pierre Souhaitté prend un Bail à loyer pour six ans sur une Grange couverte de tuiles servant à mettre le grain, Rue Saint Père. On le qualifie d'ailleurs dans cette période comme marchand savetier. Il détient déjà plusieurs propritétés, donc s'il loue celle-ci, c'est probablement pour son propre usage. Cette grange qui appartient à Nicolas Adet le jeune laboureur de Montreuil, tiens d'une part de la veuve Pierre Thioust, et d'autre part de Etienne Gouillard. Pierre dois payer 10 £ de loyer annuellement à la Saint Jean-Baptiste, le premier paiement seulement en 1614. Adet doit faire grâce du loyer pour la première année d'occupation en échange des travaux d'aménagement de grange en commerce. Il paraît dailleurs étrange qu'il existe toujours une grange sur cette rue au centre du village.
Au sujet de l'atelier, Pierre Souhaitté doit sûrement d'approvisionner en cuir de son oncle Robert Boudin, qui, on apprent un peu plus tard, est courroieur en cuir et bourgeois de Paris en 1615. Le courroyeur prépare le cuir reçu du tanneur pour les gens de métiers du cuir.
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Le 18 octobre 1613, Pierre Souhaitté et Denise Pépin sa femme acceptent de procéder à un Échange d'héritage [AD93 Et/CXXXI.17] avec et Jacques Drouin, sur des pièces de terres située au lieu-dit L'Espine, entre le Chemin de L'Espine et le Sentier de La Bosne. Pierre échange 18 perches contre un quartier et autre pièces. Par cet échange, Jacques Drouin et Pierre Souhaitté augmentent des pièces qu'ils tiennent déjà par ces pièces nouvellement acquises. Pierre Souhaitté parle au nom de sa femme Denise Pépin, car il s'agit bien du patrimoine des Pépin dont on traite ici. Le beau frère Jacques Pépin est d'ailleurs témoins. La carte des Chasses (vers 1770) semble fournir les indices permettant de situer approximativement le lieu en question. Le Sentier de la Bosne se situe parallèle en-dessous du Chemin de L'Epine sur le plan ci-dessous.
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Quatre ans après l'emprisonnement de son mari, c'est Denise Pépin qui semble se retrouver en prison. Elle est accusée le 13 novembre 1614 d'avoir frappé le procureur fiscal Quentin Celerin (collecteur de taxes) avec un plastratz après un échange verbal. Ce dernier est un officiel malcommode qui se fait souvent donner des baffes; à chaque occasion il poursuit ses assaillants en justice comme en témoigne les nombreux rapports de chirurgiens de ses blessures classées dans ces minutes criminelles. Dans son Interrogatoire [AN Z/2/2515], Denise Pépin répond qu'elle n'a pas frappé Celerin avec un plâtrat, mais qu'elle l'a rudoyé, a pris son sabot dans sa main avec l'intention de le frapper, mais ne l'a pas fait. Denise avoir été prise de colère, d'apparence quant on a servit une assignation à comparaître dans une cause inconnue. Un certain Beuzet et son mari Pierre Souhaitté sont aussi impliqué dans cette affaire lorsque l'on est venu la faire emprisonner. Elle est finalement condamnée de voie de fait, mais s'en tire avec 12 sols parisis d'amende et quelques frais. Ce document rédigé en vitesse est particulièrement difficile à lire, et plusieurs passages demeurent approximatifs.
Le 22 novembre 1614, Marie Boudin décide d'annuler la rente dans une Cessation de rente [AD93 Et/CXXXI/19] avec ses trois enfants, Pierre Souhaitté Jacqueline et Nicole Souhaitté. Jacques Pépin assiste à la rédaction signe sur cet acte. Ce geste est peut-être pour aider Pierre et sa femme qui font face à la justice dans l'affaire ci-dessus, quelques jours auparavant.
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Eustache Laisier (fils de Nicolas Laisier, un demi-frère de Thierrie), voiturier de terre demeurant à Saint-Nicolas des Champs à Paris passe un acte de Vente le 27 novembre 1614 [AD93 Et/CXXXI/19], de quatre quartiers de terres au lieu Les Clotz à Pierre Souhaitté achepteur. Il s'agit sûrement du patrimoine de sa femme Catherine Aullin, puisque quatre jours plus tard, le 1er décembre 1614, et à la suite sur le document, Catherine Aullin se présente en personne devant le notaire Mallot pour la lecture de la vente, pour ensuite l'autoriser et la ratifier. Pierre Souhaitté paie la modique somme de 100 sols tournois (5 £) pour la pièce qui va s'ajouter à une propriété limitrophe dont Pierre est déjà propriétaire. Etienne Laisier était sans doute endetté envers Pierre Souhaitté pour se départir de cette pièce pour si peu. Ces quatres perches sont encerclés d'un coté des héritiers de feu Jean Bordier, de l'autre de Nicolas Renard l'Aîné, par en haut de sa propre terre qui en sera donc augmentée.
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Le 24 avril 1615, Pierre Souhaitté, avec ses beaux-frères Thomas et Robert Vitry, assiste à la Succession [AD93 Et/CXXXI/20] de sa tante Isabelle Boudin qui décède sans progéniture. Sa mère Marie Boudin obtiendra en héritage quatre perches de vignes à La Bataille et quatre perches de terre à Les Plâtrières. Voir le lien pour les détails. On y apprend aussi que le beau-frère Robert Vitry demeure à la basse court du Château de Vincennes. Il dois donc y tenir son propre atelier.
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Robert Vitry, époux de Nicolas Souhaitté, et Thomas Vitry époux de Jacqueline Souhaitté, décident de se départir de cet héritage et passent le 19 février 1618 une Vente de maison [AD93 Et/CXXXI/22] à Pierre Souhaitté. On apprend dans le texte que la maison a été délaissé par Marie Boudin trois jours plus tôt au Châtelet de Paris à ses enfants. Pierre Souhaitté et Jacques Pépin(comme témoin) signe sur cet acte. Cette vente rappelle l'obligation rattaché au titre de faire constituer un rente à la mémoire de Marie Boudin au jour de son décès prochain envers la fabrique de l'église.
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Quelques jours plus tard, Marie Boudin veuve de Toussaint Souhaitté demande de faire dresser l'Inventaire de ses biens le 28 février 1618 [AD93 CXXXI/22]. Elle désire habiter au logis de son gendre Thomas Vitry, savetier à Vincennes, ou elle pense y demeurer pour une période de trois mois, à partir du premier jour de mars. Mais cet accord n'entrera jamais en vigueur car Marie Boudin meurt cette même nuit.
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Le 26 octobre 1619, comme cité plus haut à l'endos du document de février 1608, Jacques Pépin passe un Transport de Jacques Pépin à Pierre Souhaitté, héritiers de feu Quirin Laizier de la maison et rente en question. Je le rappelle ici pour replacer ce fait (et sa signature) chronologiquement.
Il faut croire, d'après le premier acte concernant leur gendre Quentin Hordouille que ce dernier ne mâche pas ses mots. Le 30 avril 1620, Pierre Souhaitté, se voit obligé de passer un Accord [AD93 Et/CXXXI/25] avec Robert Gallois à cause d'injures que Quentin aurait proférés à son endroit. Reste à savoir pourquoi ce n'est pas le propre père de Quentin qui passe l'accord. Pierre Souhaitté paie six livres tournois pour régler le different et les frais du procès devant le prévost de Montreuil.
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Nicolas Houdart passe un Bail à loyer de terres [AD93 Et/CXXXI/26] à Pierre Souhaitté le 24 novembre 1620 qui prend un quartier de terre, au lieu-dit Mont Agrier (dont on ignore le lieu), qu'il promet de labourer et de cultiver, pendant les cinq prochaines années. Cette pièce est adjaçante au moulin de l'Épine.
Pierre Souhaitté est appellé à passer un Titre nouvel pour son quartier et 16 perches aux Hanaults, le 19 janvier 1621 [Caran/S/2080]. Les terres de ce secteur semblent avoir été arpentés (et/ou alignées) depuis l'achat de cette pièce en 1606, car la superficie et la valeur de la rente ont été légèrement modifiés. On parle maintenant de «40 perches ou environ» (au partage de 1628, la pièces sera divisée en trois, soit deux demi quartiers et 18 perches donc 43 perches). La rente aussi est modifiée. Elle était de 3 livres 18 sols tournois en 1606 (pourquoi pas 4 livres 6 sols?). Dans ce nouveau titre, la rente est fixée à 4 livres tournois. La minute de ce titre, n'a pas encore été repéré chez Jérôme Mallot, comme on le précise ici dans la grosse. Pierre Souhaitté ne signe pas cette grosse conservée par l'abbaye de Saint-Victor, mais il a sûrement signé la minute en théorie conservé au greffe (AD93 Bobigny), que nous tenteront de retracer éventuellement.
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Comme on peut le voir, Pierre multiplie ses rôles dans la communauté de Montreuil. Il semble même être un homme de confiance, car le 3 novembre 1623, on fait l'Inventaire des biens meubles [AD93 Et/CXXXI/32] de Pierre Desjardins, absent de Montreuil, pour sa femme Jehanne Chevalier.
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À la suite, on indique que le 5 novembre 1623, on entrepose des effets dans deux coffres.
On met la clef du premier dans le deuxième coffre, qui lui a deux serrures. Puis on confie l'une des clefs à ladite Chevalier, et l'autre à Pierre Souhaitté. On n'indique pas pourquoi Pierre Desjardins est absent ni la raison de l'inventaire. Pierre signe les deux parties du document.
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Pierre Souhaitté se départit d'un pièce de terre à Fontenay-sous-Bois en échange d'une pièce à Montreuil, lors d'un Échange d'héritage [AD93 Et/CXXXI/34] avec Claude Guiot (Guyot), le 28 juillet 1624. Pierre délaisse donc un quartier de terre à Fontenay au lieu-dit Les Carreaux, limitrophe à des pièces que Guyot tiens déjà en propre. Ce dernier donne en échange un pièce de terre à Montreuil à Pierre Souhaitté, au lieu-dit le Clos Allemand (à localiser). La pièce est entourée par celles de Nicolas Larron conseiller, Claude Charton et de Claude Vitry fils Denis Vitry.
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Le 27 juin 1625, Pierre Souhaitté, exécuteur testamentaire de feue Marie Boudin sa mère, veuve de Thoussaint Souhaitté délaisse un Titre de rente sur une Maison Rue aux Oues (parfois dite Rue sous le Moutier) [AD93 Et/CXXXI/36, classé par erreur sous le 24/6/1625], de 20 sols annuellement. Cette rente a été donnée à l'église paroissiale par testament le 1er mars 1618 par Marie Boudin, pour lui faire dire et chanter une messe annuellement, et Pierre s'en décharge huit ans plus tard. Elle est délaissée aux marguillers de la paroisse, Nicolas Adet le jeune et Nicolas Fremy laboureur. La rente demeure rachetable au coût de 16£ tournois.
Selon les minutes d'Audiences [AN Z/2/2485], qui font le compte rendu des causes devant la justice, Pierre Souhaitté dépose une Plainte contre les marguilliers de l'église de Montreuil le 18 août 1625. On affecte Jean Huré maçon en l'absence du voyer pour visiter la maison de Pierre Souhaitté et dresser un rapport. Le texte soutient, pour une raison qui est encore inconnu, que Pierre Souhaitté déclare que sa maison est en «péril». Pourquoi s'en prend-t-il aux marguilliers? Quelles sont et pourquoi y a t-il des frais et dépenses encourues? Ce texte d'audience n'est pas assez détaillé pour expliquer clairement la cause. Sa plainte est jugée raisonnable et il gagne sa cause après la visite de Huré effectuée la même journée.



Une épidémie de peste frappe dûrement l'est parisien en
1625. Pierre et Denise y perdent plusieurs enfants.
Pierre Souhaitté succombe à son tour de la peste le 20 septembre de cette même année 1625. Comme on lit bien sur l'acte ci-dessous, Le 20eme dudit [mois] fut Inhumé Pierre Soushaitté déceddé de la peste.
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On attend le 12 janvier 1626, avant de dresser son Inventaire des biens meubles de la communauté de feu Pierre Souhaitté et de sa veuve Marie Pépin, de la maison Rue sous le Moutier (Rue aux Ours). [AD93 Et/CXXXI/38], à la requête de la veuve, et de Thomas Vitry subrogé tuteur. Ce document qui fait 17 pages se révèle des plus intéressant. On passe d'abord la chambre, le rez-de-chaussé (longe bas), le grenier, l'étable à vache, la cave, avant de passer en revue les dettes du couple. On ne mentionne pas les créances qu'ils peuvent tenir, ni les nombreux titres immobiliers qu'ils détiennent. On demande à Philippe de Vitry procureur en la cour laye de Montreuil et à Nicolas Savart fils de Jean Savart tonnelier (qui n'est pas l'ancêtre canadien) de juger de la valeur des biens de la famille. La valeur totale des biens se chiffre donc à 213 £ 19 sols. Par contre, la communauté doit un total de 196 £ 12 sols tournois. Voyons en résumé les items qui font sourciller:
Biens meubles A la chambre
Une arquebuse a meiche garnye de son fourreau de bois,
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Une espée garnye  de son fourreau de cuivre, Une pandouillère de cuir avec un pognard garny de son fourreau de cuir.
Une corniche de bois de chesne garnye de son orfèvrie.
Deux couvertures de Catalogne blanches.
Un manteau de drap gris brun garny de son col de velours noir d'usage d'homme prisé 9£.
Un pourpoint de drap noir doublé de futaine noire avec
un
chapeau de feutre noir à usage d'homme. [Chapeau de feutre de poil de castor sans doute, déjà à la mode alors à Paris et contribuant à l'essort du commerce au Canada].
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Une robe de drap noir,
un
chaperon de drap noir,
un
corps et un tablier le tout de drap noir a usage de femme,
une
paire de manche demi, avec une garderolle de silque (soie) noir le tout a usage de femme prisés 10£t.

Au rez-de-chaussé
Deux hottes et deux bacheret d'osier servant a porter vandanges.
Une pipe servant à cuver les vins.
Une cuve servant à cuver les vins avec deux petites cuillères.

Au grenier
Huit boissaux d'orge (au grenier, dont on soustrait 1/7 de valeur pour la dîme?).
Deux cent bottes de foin tant d'orge, de blé etc.

À l'étable à vaches
Un cheval sous poil brun ayant queue crain et oreilles 2£.
Une vache sous poil rouge 8£.
Une vache sous poil caille 18£.
Onze pièces de volailles communes 2.5£

À la cave
Un tas de fer prisé 50£.
Un corset de drap blanchit à usage de femme 2£.
Un morceau de cuir de vache 3£.

Dettes
60 £ emprunt envers feu Julien Nepveu, dus à sa veuve Claude Couturier.
38.5 £ à
[blanc mais sûrement Robert Boudin] courroyeur de Paris pour marchandises.
23.6 £ à Pierre Besnard baudroyer et courroyeur de Paris pour marchandises.
2.5 £ à Jacques Héricourt pour labours de vignes.
3£ à Pierre de La Haye tavernier audit Montreuil.
On apprend beaucoup sur le quotidien des habitants dans ces inventaires, comme le démontre Hervé Bennezon dans son ouvrage sur les inventaires à Montreuil, qui débute malheureusement après le départ des colons. Trois livres de dettes au tavernier, c'est l'équivalent une semaine de travail à l'époque, pour un bas salarié. Nul doute que Pierre était un habitué de l'endroit pour monter un tel compte!
Denise Pépin ne tarde pas de se mettre à l'oeuvre pour régler les dettes de la communauté. Le 1er février 1626, Denise passe une Vente de terres [AD93 Et/CXXXI/38] à André Queurel. Elle se défait d'abord du quartier de terre sur le Chemin de l'Épine et par arrière au Sentier de la Bossue, que son défunt mari avait reçu de l'Échange d'héritage de 1613. On précise cette fois le lieu-dit Haute Épine, car le lieu-dit L'Épine ou l'Espine couvre un assez grand secteur. Elle vend les droits de propriété de la terre pour la somme de 90 £. Le frère de Denise, Jacques Pépin comme toujours, assiste à la rédaction du contrat. Elle procédera autrement pour la prochaine vente.
La semaine suivant, soit le 9 février 1626, Denyse Pépin veuve de Pierre Souhaitté, passe une Vente de rente [AD93 Et/CXXXI/38] à Jean Héricourt. En fait, il s'agit en termes juridiques modernes de pension livrée, ou un prêt sur gages. Ainsi, Denise veut conserver les droits de ses héritiers sur la terre, mais désire y tirer des capitaux à court terme.  Jean Héricourt donne 100 £ à Denise, en retour de quoi il percevra une rente annuelle de 6 £ 5 sols tournois, et aura le temps durant l'usage de la pièce de terre. Il s'agit d'un demi arpent de terre ou environ sise lieu-dit de la ferme Saint Victor tenant d'une part à Jacques Pépin d'autre part au terre de St Victor allant par haut aux terres de St Antoine les Paris et par bas au Marais dudit St Victor.  Cette rente est rachetable en deux parties de 50 £ chacune, par ses héritiers qui voudront en reprendre possession.
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Le 26 février 1626, Denise Pépin passe un Bail à loyer de maison [AD93 Et/CXXXI/38] à Philippe de Vitry, procureur de la cour en laye. La maison familiale Rue sous le Moustier (Rue aux Oues/Saint-Père/Franklin) appartient maintenant aux enfants de Denise Pépin, desquels seul Eustache et Antoinette Souhaitté survivent à la peste, ainsi que des enfants de sa défunte fille Marie Souhaitté m Quentin Hordoville. Elle parlant au nom de son fils Eustache dont elle est tutrice et curatrice, et Jacques Pépin son frère en tant que tuteur des enfants Hordoville-Souhaitté, il louent une chambre et grenier au dessus de la maison et usage de la cour, à Philippe de Vitry, procureur en la cour laye, de Montreuil. Philippe de Vitry loue la chambre pour trois ans, et est chargé de faire l'entretient de la maison durant ce temps, comme le veut les us et coutumes de Paris. Denise Pépin en ce locataire trouve donc une personne pour effectuer les tâches d'hommes autour du foyer.
Le 11 décembre 1626, Denise Pépin veuve de Pierre Souhaitté procède à une autre Vente de terre [AD93 Et/CXXXI/39] à Nicolas Durant fils de Nicolas. Cette fois, elle se défait d'un quartier de terre au lieu-dit Le Luat à Montreuil. Le Luat cheveauche Montreuil et Fontenay. Il s'agit de 13 perches et un quart de terre en deux pièces. La première pièce fait huit perches de terre ou environ tenant d'une part à Claude Nicolas veuve de feu Roch Houdart d'autre part a Robert Chevreau fils Robert allant par haut à Jacques Pépin et par bas à Adrien Vienot. La deuxième pièce fait cinq perches et un quart de perche de terre tenant d'une part à Girard Cambray d'autre part à ladite Nicolas veuve allant par haut Nicolas Durant acheteur. Elle touche, en cédant les droits de propriété sur ces pièces, 39 £ pour la vente. La famille détiens encore 12 perches au Luat, mais du côté de Fontenay selon la succession. 
Le 28 décembre 1626, Denise Pépin, son frère Jacques Pépin (au nom des enfants de Marie sa feue fille) et son gendre Mathieu Merger (à cause de Antoinette sa femme) passent un Titre nouvel de rente [S/2080/Abbaye St-Victor, et sa Minute, AD93 Et/CXXXI/39] aux Religieux de l'abbaye Saint Victor. Cet acte qui a passé presque trois ans en restoration a finalement été réintégré en février 2006 aux minutes du notaire de Montreuil. Et j'ai aussi repêché en septembre 2006 la Grosse de l'acte conservé dans les fonds de l'Abbaye Saint Victor [AN S/2080]. La rente de 4 livres tournois est rattaché à un quartier 16 perches de vignes en deux pièces au lieu-dit les Hanaults censive St-Victor.
Denyse Pépin continue de liquider les biens de la famille. Elle semble y être contraint car la famille ne doit pas compter beaucoup de revenu depuis la mort de Pierre. Elle passe à nouveau chez le notaire pour passer une Vente de terres [AD93 Et/CXXXI/40] le 12 avril 1627 à Nicolas Adet le jeune, marchand laboureur à Montreuil. Elle lui cède huit perches de terre dans le fief de l'abbaye Saint Victor à Montreuil, pour la somme de 14 £ tournois.
Pendant l'été, Eustache Souhaitté et sa mère sont impliqués dans une altercation qui sera mené devant la justice. Au début du mois d'août 1627, Eustache Souhaitté confie à Pierre Vitry fils de Pierre (qui ne se souvient pas exactement de la date), que étant en la maison de Roger Agis marchand de Montreuil, il a vu un chaudron qui appartenait à sa mère dans laquelle il faisait une fricassée au poulet. Eustache présume ainsi que Agis a volé le chaudron et les poulets de sa mère. Selon les témoignages postérieurs, Agis vend le 15 août 1627 ce même chaudron à un chaudronnier.
Le 23 août 1627, Eustache Souhaitté qui se promène avec sa mère Denise Pépin dans le village, croise devant la maison de Jean Chauvin le marchand Roger Agis. C'est alors que Eustache et sa mère confrontent Agis sur la question. C'est à heute voix qu'on traite Agis de voleur et larron (ancien terme pour voleur). Comme il y a plusieurs témoins de la scène, Roger Agis entend défendre son honneur et sa réputation. Car il semble qu'il n'est pas responsable de ce qu'on l'accuse.
C'est le 13 septembre 1627 que Roger Agis fait sommer les différents témoins, et dépose une Demande d'interrogatoire [AN Z/2/2500] contre Denise Pépin et son fils. L'interrogatoire n'a pas été conservé, mais les Minutes d'information (témoignages) [ibid.] nous renseignent sur l'altercation. Sont appelés à la basse des témoins: Guillemette Vitry femme de Jean Chauvin devant chez qui la scène s'est déroulée, mais elle affirme qu'elle n'a pas bien saisit le sujet de la querelle; Clair Verneau (Vergno) vigneron, 32 ans, affirme avoir vu le chaudronnier avec le chaudron que Agis aurait dérobé seon les dire de Eustache Souhaitté; Roger Berthault marchand qui dit que Eustache Souhaitté l'avait informé du vol le 15 août; Pierre Vitry fils de Pierre cité ci-dessus; et Denis Vitry fils de Gabriel témoin de la confrontation qui affirme avoir entendu Souhaitté accuser Agis d'avoir voler le chaudron, et Denise Pépin de dire qu'on lui avait piqué des poules et poulets qui ont été porté chez Agis. Le dernier document trouvé dans cette cause est une Taxe [ibid.] de Pierre Vitry fils Pierre qui a été chargé aussi de livrer les copies de la poursuite aux parties intéressées. Bien que la sentence n'a pas été conservée (revoir Audiences Z/2/2585), le règlement chez le notaire deux mois plus tard montre qu'il s'agirait finalement d'un grand malentendu.
Le 21 novembre 1627, Denyse Pépin, veuve de feu Pierre Souhaitté, fait rédiger une Déclaration et reconnaissance [AD93 Et/CXXXI.41] pour elle et Eustache Souhaitté son fils, pour régler ce malentendu avec Roger Agis.  Dans cette déclaration, Denise et Eustache reconnaissent ne connaître Roger Agis et sa famille que pour gens de bien et d'honneur.
Le 26 juillet 1628, Jean Gercyer un laboureur et fermier de Rosny, passe un Marché [AD93 Et/CXXXI.43] avec Robert Desté marchand de Montreuil et Denise Pépin, veuve de feu Pierre Souhaitté. On ne précise pas la raison de la participation de Denise Pépin au présent contrat, mais elle est partie prenante de moitié avec Robert Desté. Jean Gercier vend une partie de sa récolte de fruits pour la somme de 80 £, la moitié payable le 15 août et l'autre moitié en octobre. Pourquoi Denise Pépin est-elle mêlée à cette affaire? Elle agit possiblement comme bailleuse de fonds, en exigeant sa part des profits. La veuve, qui est sûrement habituée de tenir boutique, travaille peut-être pour Robert Desté à cette date.
Quelques mois plus tard, Denise Pépin est frappée par un violent malaise. Le 19 octobre 1628, elle sent qu'elle ne passera pas la nuit, et fait venir le notaire pour faire rédiger son Testament [AD93 Et/CXXXI/.44]. L'acte, très déterioré, est rédigé aussi en présence de son frère Jacques Pépin, son fils Eustache Souhaitté, son gendre Mathieu Merger, Denis Beuzet boulanger et Philippe Vitry praticien. Le notaire écrit: Denise Pépin veuve de feu Pierre Souhaitté demeurant audit Montreuil laquelle avons trouvé gisant en son lit malade toutefois saine d'esprit de pensée et d'entendement considérant que nous n'avons Rien en ce monde plus certain que la mort et rien plus incertain que l'heure d'icelle ni voulant toutefois partir de ce monde sans au préalable avoir disposé ses affaires. Elle désire des grandes funérailles, et fait dire plusieurs messes pour ses parents, son défunt mari et ses amis décédés. Elle effectue des dons de 5 sols à la fabrique de l'église, et aux confréries de Saint Sacrement, de Notre-Dame et de Saint Jean. Elle délaisse aussi à son fils Eustache Souhaitté 100 livres tournois, car ce dernier qui n'a que 21 ans s'occupe seul de sa mère depuis le décès de son père trois ans plus tôt. Elle y précise aussi qu'elle désire être enterrée au cimetière dudit Montreuil auprès de ses feux parents. Elle fait aussi ajouter à la fin du document, une clause pour se rassurer du bien-être de sa petite fille orpheline Marie Hordoville, qui n'a qu'environ 7 ans, sous la garde de son frère Jacques Pépin. Étrangement, elle ne mentionne pas son petit-fils Eustache Hordouille.
Denise Pépin succombe effectivement pendant la nuit. Son acte de décès est introuvable, car l'on semble avoir arrêté d'inscrire les décès après que l'épidémie de peste s'estompe, soit en décembre 1625. On ne reprend qu'en janvier 1630, après une note au registre signalant que les vicaire on manqué d'écrire les décès depuis cette date. Mais c'est par le Scellé [AD93 Et/CXXXI.44] du 20 octobre 1628 que l'on apprend qu'elle est décédée, trouvé sous le pli de l'invenaire qui suit. Avant de sceller le coffre de bois de chêne de cinq pieds, on y retire deux draps trois nappes et six serviettes de toile de chanvre pour servir au Convoy (funéraire) de ladite défunte. Ce n'est que dix jours plus tard que les sceaux seront brisés.
Le 30 octobre 1628, on procède à l'Inventaire [AD93 Et/CXXXI.44] des biens de feue Denise Pépin, veuve de feu Pierre Souhaité, à la requête de Jacques Pépin, tuteur des enfants mineur (dont Marie Hordoville) de feu Quentin Hourdoville et Marie Souhaité, en présence d'Eustache Souhaitté et Mathieu Merger. On y trouve essentiellement les mêmes meubles qu'en 1625, à quelques exeptions près. Denise Pépin, avec les transactions des dernières années, semble avoir réglé toutes les dettes de la communauté. On trouve quelques mentions de biens intéressants.
  • - Un muid (274 litres) de vin clairet étant dans une cuve du cru de la présente année.  30£.
  • - (Dans la cour) Un petit tas de pierre de cailloux. 10st.
  • - Un petit tas de fumier. 15st.
On a vendu la vache sous poil caille. On donne un peu plus de détails sur des biens qui n'étaient pas mentionnés en 1625. La valeur des biens et des créances de la communauté s'élève maintenant à 235 £ 11 sols tournois. Le tout, à la Rue aux Oues, est prisé par Jean Chauvin marchand laboureur et par Thomas Vitry jardinier demeurant audit Montreuil.
Toujours ce 30 octobre 1628, on trouve un Accord et transaction [AD93 Et/CXXXI.44] entre Mathieu Merger, Anthoinette Souhaitté sa femme et Eustache Souhaitté. Ainsi, pour avoir pris soin de sa mère depuis la mort de Pierre Souhaitté, et en raison du différend au sujet du report de mariage de Mathieu Merger, Eustache Souhaitté s'entend à l'amiable avec ce dernier de percevoir 60 livres tournois de sa (Merger) part d'héritage, pour éviter un procès. Ce n'est qu'une solution provisoire car la question fera bientôt surface à nouveau, car cette somme à la somme prévue au testament.
Suite au décès, le 5 novembre 1628, Eustache Souhaitté décide d'habiter la maison familiale, où logent déjà Philippe Vitry et Nicolas Lemaître. Il prend donc charge de la demeure, en passant un Bail de loyer [AD93 Et/CXXXI.44] envers Jacques Pépin, pour le tiers appartenant aux héritiers Hordoville. Il dois remeubler la maison, et entretenir les lieux, mais ce que pour un an.
Le 4 décembre 1628 , on rédige l'acte de Partage [AD93 Et/CXXXI/44] de la succession de Denise Pépin veuve de Pierre Souhaitté, entre Jacques Pépin comme tuteur et curateur des enfants de feu Quentin Hordoville et feue Marie Souhaitté, Mathieu Merger à cause Antoinette Souhaitté sa femme, et Eustache Souhaitté. Le partage est donc en trois lots, dont un pour les mineurs Marie et Eustache Hordoville. On demande à des laboureurs ou vignerons du coin qui connaissent bien les lots en question, pour les évaluer et les diviser en trois parts équitables. Et comment décide-t-on qui aura quelle part? La coutume veut que l'on pige des bouts de papiers d'un chapeau! Suivre le lien pour les détails de la Distribution des lots:
Premier lot
Pour
Eustache Souhaitté, fils émancipé, cordonnier:
- 8 perches de vignes au lieudit la Garenne;
- 4 perches de vignes au lieudit La Cour des deux pressoirs;
- 18 perches de vignes au lieudit Hanault;
- 6 perches de vignes au lieudit Les Caillotz;
- 8 perches de vignes au lieudit L'Orme aux Messiers;
- 1 quartier de terre au lieudit l'Épine;
- 8 perches de terre au lieudit Derrière l'église;


Deuxième lot
Pour les héritiers de feue
Marie Souhaitté, soit Eustache et Marie Hordoville, représentés par Jacques Pépin (Partition de 1645):
- 1/2 quartier de terre à Fontenay au lieudit Le Larin;
- 1/2 quartier de vignes au lieudit Hanault;
- 4 perches de vignes au lieudit Ramenas (4/9);
- 9 perches de vignes au lieudit l'Épine;
- 6 perches de vignes à Fontenay au dit lieu le Luat;
- 1/2 quartier de terre à Fontenay, les Quatres-Ruelles;
- 1 quartier de terre faisant moitié d'un demi arpent au  lieudit Marais St-Victor


Troisième lot
Pour
Antoinnette Souhaitté, représentée par son époux Mathieu Merger:
- 1/2 quartier de vignes à Fontenay au lieudit Le Larin;
- 1/2 quartier de vignes faisant moitié d'un quartier au lieudit Hanault;
- 5 perches de vignes au lieu-dit Ramenas (5/9);
- 6 perches de vignes au lieudit Les Clos allemands;
- 3 perches de vignes au lieudit Les Carreaux;
- 6 perches de vignes faisant de moitié de deux quartiers à Fontenay au lieudit le Luat
.
Après que chacun ait pris possession de leurs parts d'héritage, Eustache Souhaitté estime que la somme de 100£ que sa mère lui a laissé pour sa quote-part des douaires donnés à ses soeurs (report de mariage), et pour s'être occupé d'elle depuis la mort de leur père n'est pas suffisante. Il s'entend à avec Mathieu Merger son beau-frère, et Jacques Pépin au nom des héritiers de Quentin Hordoville & Marie Souhaitté pour la somme plus équitable de 137£. Le 5 février 1629 les trois confirment le tout dans une Caution et accord [AD93 Et/CXXXI.45].
Comme les pièces de vignes et de terres ont été divisées arbitrairement lors de la succession, les nouveaux propriétaires font quelques ajustements pour consolider des pièces. Mathieu Merger obtient de ses co-héritiers Souhaitté les parts du demi quartier de jardin ou environ sur la Rue Charles Boitel, par un Bail et transport le 31 mai 1629 [AD93 Et/CXXXI.45]. Les trois héritiers sont toujours propriétaires chacun d'un tiers du jardin, qui composé d'un enclos et haies. Jacques Pépin et Eustache Souhaitté décident tout simplement donner leurs parts à Mathieu Merger. Cette pièce n'a pas été incluse dans le partage des titres, car elle est en pension livré envers Jean Héricourt, rente que Denise Pépin a constitué comme pour la pièce à L'Épine citée précédemment. Merger s'entend aussi de racheter cette rente au bout de trois ans. Jacques Pépin qui gère les affaires des enfants mineurs de feux Quentin Hordouille et Marie Souhaitté, et Eustache Souhaitté se libèrent par ce transport des charges de cette pension livrée en effectuant ce transport. Question de simplifier la tâche dèjà complexe de Jacques Pépin comme tuteur des mineurs.
Le 18 juin 1629, on veut déterminer si la demeure familiale peut être divisée en trois part. Les héritiers demandent donc l'expertise de Robert Masson et Jean Hure maçons de Montreuil d'en établir les possibilités dans un Rapport de visite [AD93 Et/CXXXI.45]. Voici la description en détail de la propriété: «une maison contenant deux travées de forme courbée à laquelle il y a un bouge bas  Une chambre et un grenier au dessus montéé hors mur et devant une petite boutique sur la rue un autre petit corps de logis contenant une travée étant en charpente auquel il y a aussi un petit bouge bas une petite chambre  et un petit grenier au dessus  Une étable à vache et deux toit à portes le tout couvert de tuiles une petite cour le tout contenant un demi quartier de terre ou environ Laquelle maison (...) sise audit Montreuil Rues aux Oues.» Les deux maçons déterminent qu'il est impossible de faire la division de la maison en trois parts.
Dix jours plus tard, le 28 août 1629, Eustache Souhaitté fils de feux Pierre & Denise Pépin, passe un Accord [AD93 Et/CXXXI.46] avec Jacques Pépin, tuteur des enfants mineurs de Quentin Hourd'hoville et Marie Souhaitté. L'accord tient sort de la maison de Pierre Souhaitté sise Rue aux Oues, qui doit être partagée entre les héritiers. Comme la maison ne peut être divisée, on a évalué le prix de vente de la maison dans son entier. Le prix: 862£, donc 287£, 6 sols et 8 deniers tournois pour chaque partie. Une somme qui semble très considérable. Les mineurs Eustache et Marie Hordoville, qui en détiennent chacun un sixième, soit 143£,  13 sols et 4 deniers tournois. Comme le rapport de visite de juin indique que la maison ne peut être divisée, elle a été mis en adjudication, ou aux enchères. Mais Eustache Souhaitté intervient pour parvenir à cet accord et garder le bien familial. En échange de la part due aux enfants mineurs, il prend la charge de trois rentes dont la valeur rachat équivaut à 286 livres 10 sols, et s'acquitte de la différence.  Pour la petite histoire, on apprend aussi que la maison de Pierre Souhaitté tenait par l'arrière à la maison de André Hordoville. Voilà donc qui peut expliquer les amours entre Quentin Hordoville et Marie Souhaitté, qui auraient grandis ensemble dans la même cour! 
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Emplacement de la maison de Pierre Souhaitté.

Le 2 juin 1633, Eustache Souhaitté et Mathieu Merger, comme héritier de feu Pierre Souhaitté, passent un Titre de rente nouvel [AD93 Et/CXXXI.56] aux religieux de Saint-Victor. Il s'agit de la rente rattachée à un quartier 17 perches de terres en deux pièces au lieu-dit Hanaut que Pierre Souhaitté avait acquit par échange en 1606. Les oncles Eustache Souhaitté et Mathieu Merger semble parler en leurs noms, mais d'autres actes connus indiquent qu'ils parlent aussi au nom des enfants mineurs Hordouille. Une copie du titre, soit la grosse, est aussi conservée dans les papiers de l'abbaye Saint-Victor [ANF S/2080]. Eustache Souhaitté semble déjà avoir remplacé Jacques Pépin comme tuteur de Marie et Eustache Hordouille. Cette rente fut fondée en 1601 par Jacques Drouin, avant d'être vendue à Pierre Souhaitté en 1606. C'est la même rente cité au titre nouvel de 1621 par Pierre et en 1626 par sa veuve Denise Pépin.
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Abbaye de Saint Victor de Paris
abbaye de chanoines réguliers, fondée par Guillaume de Champeaux en 1108, aux portes de Paris
Détruite sous Louis XIV, l'université de Paris Jussieu se trouve sur le site. (Abbayes.net)

Autres mentions:


Sources:
  • Rg St-Pierre-St-Paul de Montreuil, AD Seine-St-Denis (Bobigny).
  • Minutes notariales Hierosme Mallot (Étude 131, 2E6), AD Seine-St-Denis (Bobigny).
  • Minutier central des notaires parisiens, CARAN (AnF Paris). É. LXII,
  • Justice baillage Montreuil [Caran].
  • Justice Montreuil greffe St-Antoine [Caran]
  • Censiers St-Victor [Caran]
  • Rentes St-Victor [Caran]

Recherches: Denis J. Savard, octobre 2012
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