Pierre
Adam le
jeune est né vers 1572 à Montreuil. Il est le fils
de Pierre Adam le jeune et Anne
Pépin. Sa naissance n'a pas été
retrouvé car les registres de la paroisse Saint Pierre
Saint Paul de Montreuil sont lacunaires pour cette année
précise. Sa filiation a posé un problème difficile
par les nombreux Pierre Adam. Cette branche a tendance à
nommer plusieurs fils du même nom.

Par contre,
la naissance de Susanne Chauvin a été trouvé du côté
Vincennes. Le 29 octobre
1571 est baptisée
Susanne fille
de Edmond Chauvin & Susanne
Girard, dans la petite église de
Notre-Dame de La Pissotte [AD94 BMS Vincennes]. Cet acte
nous fait découvrir le nom de la première épouse de
Edmond Chauvin. Susanne Girard n'a pas laissé beaucoup
de traces car elle décède avant 1576. Le patronyme de
Guillaume le parrain est difficile à lire, mais les
marraines sont Susanne Prévost et Jacquette Pesnon.
C'est une chance d'avoir trouvé cette naissance, car
seul un livret des registres de Notre Dame de la
Pissotte du 16e siècle a été conservé. Les baptêmes
s'arrêtent donc en 1571 pour ne reprendre que vers 1603.
Ce registre est en théorie consultable depuis peu sur le
site des Archives du Val de
Marne, mais le lien avec ce
livret particulier est toujours brisé au moment d'écrire
ces lignes (toujours pas réglé mars 2007).

C'est
vers 1596
que Pierre Adam le
jeune épouse Susanne Chauvin, selon les naissannces du
couple qui débutent en 1598.
Pierre accompagne son frère Philippe comme
témoin le 27 février
1603 quand
Philippe passe une Vente de
terre [AD93 Et/CXXXI/1]. À 24 ans,
Philippe ne semble pas avoir de grandes ambitions vis-à-vis
a terre. C'est sûrement Pierre qui a déniché l'acheteur,
Robert Chevreau marchand tavernier à Montreuil, un oncle de
Susanne Chauvin. Les neuf perches de terres au lieu dit Les
Carreaux sont vendues en friches pour 6£ 10 sols tournois.
Pierre Adam le jeune laboureur à Montreuil signe l'acte.
Pierre Adam
le jeune se présente devant la justice de Montreuil
le 5 avril
1604, car il
a déposé une plainte contre un nommé Pierre Préaux. Sa
présence est attesté dans les registres
d'Audiences
[ANF Z/2/2482].
Mais comme le défendeur est absent, la cause est remise à
plus tard. On ignore pour l'instant la nature du désaccord.
Il est possible que cette poursuite n'a pas de suite, si
les parties ont réglé à l'amiable entre-temps. On l'a vu
dans plusieurs exemples déjà, les procès sont très onéreux,
car il faut payer jusqu'aux témoins.
Le 23 août
1604, Pierre
Adam le jeune est cité avec plusieurs villageois dans une
cause en justice qui traite d'une école pour les enfants.
Ce fait est tiré des Audiences
de la justice de
Montreuil, qui malheureusement est trop souvent dénudé de
détails [ANF Z2/2482]. À cette occasion, le procureur
fiscal est demandeur contre le groupe. Sont nommés avec
Pierre Adam: Pierre Guérin l'aîné, Robert Deste, Antoine
Savard, Thomas Préaux, Guillaume Syon, Pierre Adam le
jeune, Pierre Lureau, Jean Hure le jeune, Nicolas Girodier,
Guillaume Chevreau le jeune, Vincent Vitry et Pierre Villot
comme défendeurs.
Le couple Pierre Adam le jeune et Susanne
Chauvin passe une
Vente de terre
[AD93
Et/CXXXI/3] le 5 mai
1606 à un
Claude Girard. Par cet acte, on apprend que les parents
de Susanne Chauvin lui avait laissé 30 perches de terres
à Saint-Mandé. Cette pièce ne doit pas être très commode
à cultiver car elle se situe dans ce hameau près de murs
de Paris. C'est un joli coin et populaire à l'époque
pour les randonnées du dimanche et y assister à sa
foire, mais un peu loin pour entretenir des terres. Le
couple décide donc de vendre la pièce à un laboureur de
la bass-court du château, Claude Girard, sûrement un
cousin de Susanne. Pour éviter les retraits lignager, on
vend d'abord à sa parenté. Selon les Us et Coutumes de
la vicomté et prévôté de Paris, un proche parent peut
s'opposer à la vente d'un bien immeuble à une tierce
partie.
Pierre Adam le jeune, laboureur de Montreuil,
et Susanne Chauvin sa femme passent une autre
Vente de vignes
le
21 mai
1607 [AD93/2 E 6/2], à Claude
Renard, fils de Pierre Renard (on écrit plus souvent
Regnard), devant le tabellion juré Jérôme (Hierosme)
Mallot. Il s'agit de 10 perches de vignes, provenant de
l'héritage de Susanne, au lieu-dit Les Ruillottes en la
seigneurie de Montreuil. Chose peu commune, on précise
le taux de la valeur marchande d'une perche de vignes
: «Comme
moyennant la somme de soixante et quinze livres tournois
qui est raison de sept livres dix sols tounois pour chacune
perches desdites vignes». Une perche, il faut le
rappelé, fait 18 pieds et demi selon la coutume locale,
comme précisé dans un document. Le laboureur moyen
gagne environ 75 à 100 livres par année. Pourquoi
vendent-ils ainsi de leur patrimoine terrier? La famille
semble s'être endettée.
Le
17 juillet
1607, Claude
Cambray fait rédiger une
Lettre de
reconnaissance envers Pierre Adam le jeune.
C'est que la veille, alors que Cambray et Pierre Adam
jouent aux quilles chez Roch Coquonnier, marchand,
Cambray aurait insulté Adam. Pour éviter un procès pour
atteinte à l'honneur, Claude Cambray, laboureur au Luat
paroisse Montreuil passe ces lettres afin de s'excuser
pour les paroles prononcés. Il reconnaît qu'il se
pavannait et ne connaît Pierre Adam le jeune que pour
être un homme bien et honnête. Il semblerait que Pierre
aurait refusé de payer l'addition de 40 sols, ce qui
aurait emporté de Cambray. Pierre Adam ne signe pas car
il est destinataire des lettres.
Le mois suivant, soit le 20 août
1607, Pierre
Adam le jeune et Jacques Pépin (fils de Renaud
Pépin) dressent un
Rapport de visite
[AD93/2 E
6/CXXXI.6], à la requête de Robert Citolle. Citole,
fermier de Saint-Victor, est en désaccord avec les frère
Pierre et Denis Vitry à propos de 4 arpent de terres au
Marais St-Victor. Pierre Adam et Jacques Pépin sont
choisis pour faire la visite des champs et de ce qui y a
été récolté en délit à un arrêt du Parlement. Dans ces
cas, la justice choisit ainsi des "gens à ce de
connaissant", soit les gens du métier en question qui
ont une bonne réputation de par leur profession et par
leur honnêtetée.
C'est donc un
témoignage de respect de la communauté et des autorités
envers ces personnages. Les visiteurs sont aussi payé pour
leur visite, ultimement par la partie perdante de la cause
en justice. Il est difficile de déterminer la nature exacte
du conflit ici, car le rapport est écrit en vitesse par le
notaire. On trouve deux signatures de Pierre Adam, dont une
(celle de gauche) en marge en fin du document.
Selon
une Sentence
[Cité
19.5.1608, AD93 Et/CXXXI.7] du
29 janvier
1608,
Pierre Adam le jeune a intenté un procès dans les
semaines qui précède cette décision, contre Ragon Fiènet
un maître charpentier de la Basse-cour du Bois de
Vincennes. La nature du différent, comme le reste de la
cause nous est pour l'instant inconnue. Mais les
Audiences de la justice de Montreuil qui attendent
d'être dépouillées sur cette période, éclaireront
peut-être notre chandelle. Ces audiences, rédigée à
toute vitesse lors des procédures donc d'une main
d'écriture tout à fait horrible, devraient être
dépouillées au courant de l'année (2007). On présume que
Pierre Adam a perdu ce procès, selon le transport à
Ragon Fiènet qui suit.
Sans doute
pour simplifier la transaction annoncée, Jean Chauvin,
demeurant à Conflans (94), cède sa part du bail du pressoir
de la Basse-cour à sa soeur Susanne et son beau-frère
Pierre Adam lors d'un Transport
du
10 mai
1608 [Cité 19.5.1608, AD93/Et/CXXXI.7].
L'original de cet acte semble avoir été rédigé devant le
greffier de Montreuil, car il ne figure pas au relevé de
M. Testart qui date de 1991. Jean Chauvin cède donc sa
part du bail, qui avait été hérité de leur père Edmon
Chauvin.
Le 19 mai
1608, après
un différent contre un certain Ragon Fiènet, Pierre Adam et
Susanne Chauvin passe un
Transport de bail
envers ledit
Fiènet [AD93 Et/CXXXI.7]. Cette affaire est très
complèxe. Bien que la raison première de ce transport de
bail reste nébuleuse, elle semble résulter d'un procès
intenté par Pierre Adam. Le transport nou renseigne tout
de même sur l'histoire de ce pressoir de la Basse-cour.
Cet acte est fort important, car il nous indique d'une
part que Susanne est la fille de Edmond
Chauvin, et d'autre part que elle
et son frère Jean Chauvin demeurant à Conflans, sont les
seuls héritiers de Edmond. Edmond aurait obtenu la
concession du pressoir des Trésoriers de France, avec un
dénommé Gilles Marsal dont nous ignorons la parenté avec
Edmond. Il reste aussi à résoudre comment et pourquoi le
procès entre Fiènet et Adam implique le pressoir; les
Audiences de la justice de Montreuil - parmis les
documents en cours d'étude - élucidera peut-être ce
problème. Voici le résumé des événements concernant ce
bail.
Bail du
pressoir de la Basse-cour (transactions cités ou
induites)
-
App. 1585: Bail du
pressoir place et lieux de la Basse-Cour. Trésoriers de
France à Edmond Chauvin et Gilles Marsal. [la date n'est
pas indiquée, mais dois précéder l'échange qui suit];
-
2 mai 1588: Échange.
Gilles Marsal à Edmond Chauvin [le bien en échange inconnu,
Marsal semble échanger sa part du bail du pressoir à Edmond
Chauvin selon la suite];
-
app. 1600: Partage
(transport). Succession de Edmon Chauvin à Jean Chauvin et
Susanne Chauvin ses enfants. [Acte inconnu mais induit
selon la description de la succession];
-
29 janvier 1608: Sentence de
procès. Pierre Adam contre Ragon Fiènet. [Le sujet de la
discorde est encore inconnu. Ragon semble gagner sa
défense.];
-
10 mai 1608: Transport du
bail. Jean Chauvin à Susanne Chauvin sa soeur et Pierre
Adam. [Jean Chauvin donne sa part du bail du pressoir à
Pierre Adam son beau-frère].
Cette affaire de pressoir n'est pas pour autant
terminé. Le 29 juillet
1608, Henry
Besnard (ou Bénard) passe un
Accord avec Pierre Adam le jeune
pour éviter un procès intenté par ce dernier. Henri
Bénard occupe et tient le pressoir depuis six ans, mais
selon Pierre Adam, Bénard n'a payé aucun loyer pendant
ce temps. On parle aussi du transport de Jean Chauvin à
Susanne, fils et héritier de feu Edmond
Chauvin, de sa part de ce bien
(Jean Chauvin a sûrement cédé cette part d'héritage pour
des raisons pratiques, car il s'est établit à Conflans
de l'autre côté du bois de Vincennes). Pour éviter ce
procès, Henri Besnard accepte de payer 8 livres tournois
pour les loyers non payers. Les deux parties s'entendent
aussi pour partager les frais juridiques encourus.
Au début du mois d'août, le cousin de Pierre
Adam le jeune, Germain Adam fils de Pierre Adam l'aîné, est
emprisonné à la requête de Ferry de Vitry. L'aide de Pierre
le jeune est sollicité par son oncle Pierre l'aîné pour
sortir Germain du pétrin. Premièrement, le
13 août
1608, Pierre
Adam l'aîné, Philippe Adam et Pierre Adam le jeune passent
une
Promesse touchant le cautionnement de
Germain, pour sa libération de prison. On est un
mercredi, et Germain promet de comparaître le lundi
prochain pour répondre aux accusations qui pèsent contre
lui, vraisemblablement d'une dette envers Ferry de
Vitry. Une mention intéressante pour la petite histoire,
Gilles Bonvallet est cité comme le geôllier,
soit gardien de prison.
Toujours le 13 août
1608, Pierre
Adam l'aîné et Martine Pépin sa femme et Philippe Adam
encore devant Mallot le tabellion font rédiger une minute
de
Dédommagement
envers Pierre
Adam le jeune qui est venu à leur aide [AD93
Et/CXXXI.7]. Comme les procédures judiciaires pour faire
libérer Germain Adam sont toujours en cours, aucune
somme n'est pour l'instant précisée. Mais ils promettent
de lui rembourser les dépenses, dommages et intérêt
relevant de cette affaire. Les Audiences de la justice
de Montreuil [ANF Z2/2482], en cours de dépouillement,
apporteront peut être un peu de lumière sur les raisons
de l'emprisonnement du cousin. Selon des Minutes de
justice qui restent à dépouiller et transcrire [ANF
Z2/2515], Pierre Adam le jeune sera bientôt emprisonné à
son tour, à la requête du procureur fiscal Quentin
Sellerin. Il s'agit peut-être de la suite de la même
affaire. Peut-être que Germain a disparu avant sa
comparution prévue le 18 août?
Il semble que de son vivant, un Pierre Savart de
Montreuil aurait échangé un quartier de terre à Bagnolet
appartenant à Suzanne Chauvin, à Pierre Fournier marchand
tavernier de La Pissotte, contre six perches à Montreuil au
lieu-dit L'Épine. Quand Suzanne se rend compte de l'erreur,
elle intente un procès contre Pierre Fournier, qui à son
tour implique la veuve de Pierre Savart, Perrette Chevreau,
remariée à Maurice Billet. Les parties s'entendent enfin
pour mettre un terme au procès pour éviter des frais
inutiles et de régler le tout devant le tabellion.
Le 18 avril
1614 Pierre
Adam le jeune à cause de Suzanne Chauvin sa femme et
Maurice Billet à cause de sa femme veuve Pierre Savart
passent un
Accord [AD93/Et/CXXXI.18]. Pierre
Adam accepte que Fournier conserve le quartier de terre
qu'il occupe, et Maurice Billet délaisse les 6 perches
de vignes à Pierre Adam comme il ne peut pas produire le
titre (vente à Pierre Savart). De plus, Billet dois
partager également avec Adam ses échalas (support pour
les vignes) de ses 6 perches voisines des premières que
Billet appartient à cause de sa femme. Susanne Chauvin
et Perrette Chevreau doivent encore ratifier ce contrat.
Ce n'est que le 12 mai
1614 suivant, que Susanne Chauvin et
Perrette Chevreau passent ensemble chez le notaire pour
ratifier le contrat signé le mois précédant. A la suite du
même document, Susanne et Perrette reconnaissent avoir
entendu la lecture du contrat, puis «louent agréent
corroborent confirment approuvent ratifient veulent
consentent et accordent» la
Ratification
de l'accord du
18 avril.
Le 28 novembre
1616, Marie
Prévost (pas Guiot comme précédemment indiqué), veuve de
feu Robert Citolle, passe un
Bail à loyer de terre
[AD93/Et/CXXXI/21] à Pierre
Adam le jeune. Depuis la vérification du document, il
s'agit bien du Pierre Adam époux de Suzanne Chauvin qui
transige ici, identifié grâce à sa signature. Pierre
loue pour une période de trois and un quartier de terre
au lieu-dit Le Sorin. Sans que le texte ne le
précise, on sait que ce lieu-dit fait parti du fief
Décanal (Notre-Dame de Paris) à Montreuil. Ce fief est
aujourd'hui divisé entre Montreuil et Vincennes: le
lieu-dit en question est à Montreuil côté sur du chemin
de Paris.
Pierre Adam le jeune fait l'achat de
vignes le 12 février
1619,
pendant l'entre-saison vinicole. C'est en ce jour que l'on
trouve cette
Vente de vignes
[AD93/Et/CXXXI.23] par
Nicolas Chauvin et sa femme Nicole de La Fuchère, à
Pierre Adam le jeune. Ce Nicolas Chauvin ne semble pas
un frère de Suzanne car il n'est pas cité ailleurs
(successions). Il pourrait plutôt être son oncle, né en
1548 dont la destinée est autrement inconnue. La vente
porte sur 7,5 perches sises au lieu-dit L'Épine,
voisines d'une pièce que Pierre appartient déjà. On
pourrait penser que Pierre rassemble deux pièces qui en
étaient une à l'origine issue du patrimoine Chauvin,
mais la vente précise bien que les 7,5 perches
appartiennent aux vendeurs du propre de Nicole de La
Fuchère. Cette dernière, probablement de la famille de
La Pissotte dont un seul foyer semble survivre. Comme
aucun héritier de La Fuchère ne se présente comme
preneur, Nicolas Chauvin vend donc plutôt la pièce à sa
présumée nièce Suzanne Chauvin. Pierre Adam nen signe
pas ce document, car c'est Nicolas Chauvin qui affirme
qu'il transporte la pièce à Pierre Adam et donne
quittance des 45 £ reçues de ce dernier.
Pierre Adam le jeune vigneron travaille sur
cette période à étendre le patrimoine immobilier de la
famille. Le 7 mars
1619, Pierre
Adam s'entend avec Michel Frémy le jeune, receveur de
monsieur de Montreuil (seigneur du fief principal), à cause
de Guillemette Vitry sa femme, pour prendre un
Bail à rente
sur 18 perches
de vignes au lieu-dit Culdoue, fief Décanal
[AD93/Et/CXXXI.23]. Pierre n'a pas le capital pour
acheter franc et quitte la pièce de vigne. Ici, la rente
est une forme d'emprunt, comme souvent ailleurs à cette
époque. La rente payable annuellement n'est en fait que
le paiement des intérêts, car le pricipal demeure fixe
jusqu'à ce que le preneur puisse racheter la rente d'un
coup (certains baux prévoient un rachat en deux ou trois
fois, quand la pièce est aisément divisible). Dans l'île
de France, la coutume veut normalement que la rente
annuelle soit l'équivalent de 1/16e du montant total en
créance. Pour cette pièce, Pierre accepte de l'acheter
contre une rente de 100 sols (5£). Pour se libérer de
cet hypothèque, Pierre devra racheter la rente pour la
somme de 81 £, destinée qui nous est encore inconnue.
La présence de Pierre Adam le jeune est requise
quand son oncle, Pierre Adam
l'aîné, signe un
Accord
avec le
serrurier de La Pissotte Nicolas Leroy, le
2 juin
1619 [AD93/Et/CXXXI.23]. L'oncle
et Leroy était en désaccord au sujet d'un alignement
(arpentage des propriétés jouxantes), et ils en sont
finalement venus à une entente, mais pas avant que la
cause soit passé devant le prévôt de Montreuil. Bien que
Pierre Adam le jeune n'est cité qu'à la fin du texte,
comme il se doit pour les témoins, il appose sa
signature en fin de contrat. Le texte intégral n'est pas
traduit car ne traite pas directement de Pierre le
jeune.
Pierre Adam est l'objet d'une poursuite par un
créancier de ses anciens tuteurs et curateurs. À l'issue de
ce conflit, Pierre a démontré à Adrien Vienot le créancier
qu'il n'a pris aucuns biens de la succession de ses feux
curateurs Jacques Berthery & Barbe Syon. Le
9
février 1621, Adrien Vienot passe donc
une
Décharge et quittance
envers Pierre
Adam pour mettre un terme à la question [AD93
Et/CXXXI.32]. Vienot dois même dédommager Pierre Adam
pour la somme de 7£. Ce document est très détérioré, le
papier étant rongé par l'humidité comme on peut voir
sous la signature de Pierre qui heureusement a été
épargnée. Cet acte nous renseigne enfin sur l'identité
des anciens tuteurs de Pierre Adam, ce qui infère que
ses parents sont décédés entre 1590 et 1600 ou environ.
Le 9 février
1624, Pierre
Adam le jeune, «tonnelier» demeurant à Montreuil, prend
un Bail à loyer de vignes
envers Jacques
Minguet, nouveau propriétaire des pièces [AD93
Et/CXXXI.33]. Il s'agit d'un bail de trois ans sur un
demi quartier au Clos St Martin, d'un demi quartier aux
Caillots, 9 perches au Clos Allemand, demi quartier à
l'Orme aux Messiers. Cette fois, Pierre Adam s'identifie
uniquement comme tonnelier. On a vu qu'en juillet
1608, il est
identifié comme laboureur et tonnelier. Plus âgé, il semble
d'adonner plus régulièrement à cette occupation qu'il a dû
apprendre jeune. À la suite du document, le bail est annulé
le 8 mai
1625 quand
Jean Vitry fils de Pierre, époux de Espérance Mention,
reprend l'héritage qui appartient maintenant à sa femme.
Pierre Adam signe à chaque occasion, et sa signature
confirme que Pierre Adam le jeune laboureur d'antan est
bien le même que Pierre Adam le jeune tonnelier.
Le 20 mai
1624, Pierre
Adam le jeune, tonnelier de Montreuil, doit passer devant
le notaire Mallot pour la rédaction d'un
Titre nouvel de rente
[AD93
Et/CXXXI.33]. Cette rente fondée 89 ans plus tôt par
Guillaume Desté et sa femme, envers l'Oeuvre et la
fabrique de l'église de St-Pierre et St-Paul (pour une
messe annuelle d'un ancêtre sans doute), est appliquée
sur deux pièce de vignes alors entre les mains de Desté.
Pierre Adam est ici propriétaire (par achat plutôt que
par héritage des hoirs Desté) d'un demi quartier de
vignes au lieu dit les Roulettes (présum. fief
St-Lazare), alors que Nicolas Bourgeois, à cause de
Nicole Prévost sa femme, tient 1 quartier à la Varenne,
pièces chargés par la rente. Guillaume Desté tenait bien
ce dernier quartier aux terriers Décanal de 1537, 1543
et 1552. Les deux pièces forment un tout vis-à-vis la
rente dans sont entier, qui est de 40 sols tournois par
an. Pierre doit payer en principe 13 sols 4 deniers
annuellement pour remplir sa part, comme il tient le 1/3
du tout.
Pierre Adam le jeune, laboureur vigneron à
Montreuil, loue même d'autres terres, le
17
février 1627. Il prend un
Bail à loyer de terre
de six ans, sur
un demi quartier aux Guillands, de Philippe Vitry,
praticien en la cour laie [AD93/Et/CXXXI.40].
Pierre paie 3 livres 5 sols par année de loyer pour la
pièce de terre. Comme à son habitude, il signe l'acte.
L'oncle de
Pierre Adam le jeune, Pierre Adam l'aîné décède vers 1628.
Depuis cette date donc, alors que son fils atteint ses 18
ans, notre Pierre semble adopter dès lors l'épithète de
l'aîné. Sans connaître ce fait, l'acte qui sui pourrait
nous induire en erreur.
Le 10 juin
1635, le
fils de Pierre, ici nommé Pierre Adam le jeune vigneron
demeurant à Montreuil, passe un Accord
avec Renaud Larron
marchand poulailler aussi de Montreuil.
Un oeil
non-averti, voyant la signature du père à la fin du contrat
peut facilement le méprendre comme sujet du contrat.Le
contrat comprend deux signatures de Pierre Adam. Celle qui
nous est familière (à droite) et celle d'une deuxième
Pierre Adam (à gauche). La clé de l'énigme se trouve à la
fin d'une note marginale où les sujets seuls signent.C'est
bien le deuxième Pierre Adam qui signe en marge. Comme
témoins au passage de cet acte, on trouve bien Pierre Adam
l'aîné sans préciser son état. L'accord traite d'un mur qui
sépare les deux propriétaires et qui doti être
reconstruit.
Sur ses derniers jours, Pierre tente de régler
des anciennes dette, dont la rente de 100 sols constituée
en 1619 de Michel Frémy. Mais Michel Frémy est décédé
depuis, et la rente est maintenant divisée parmi ses
héritiers en sept parties, soit 12 sols 6 deniers de rente
dus à chacun (en fait, la somme ici correspond à la
huitième partie, mais le prochain contrat précise les sept
parts). C'est donc un casse-tête quand vient à payer les
rentes dues chaque année. Pierre Adam l'aîné tonnelier de
Montreuil rachète l'une de ces parts le 1er
décembre
1636, quand
il se présente devant le tabellion avec Jean Cochu, à cause
de Guillemette Frémy sa femme, fille de Michel, pour passer
le Rachat de rente
[AD93
Et/CXXXI.64]. La signature prouve que celui qui est
maintenant surnommé l'aîné, est le même que celui encore
nommé le jeune quelques années auparavant, avant de
l'être à nouveau de façon posthume. On le nomme ici
l'aîné puisque son oncle du surnom ets maintenant
décédé, et pour le distinguer de son fils presque
majeur. Jean Cochu est dit être établit au Bourget à
Montreuil, lieu que je n'ai pas encore situé.
Pierre décède
le 31
décembre 1636 à Montreuil. Il est dit âgé
d'environ 62 ans.
Suite à son décès, ses huit enfants
cherchent ensemble à racheter les autres portions de rente
due à Michel Frémy vendue en 1619, après la portion
rachetée de Jean Cochu par Pierre avant son décès. Les huit
cohéritiers Adam Claude et Pierre Adam, Pierre Laureau et
Marie Adam sa femme, Mathieu Guay et Nicole
Adam sa femme, Antoine Bidault et
Marguerite Adam sa femme, Jean Thioust et Jeanne Adam sa
femme, et Geneviève Adam - retrouvent l'un des héritiers
de Michel Frémy, Denis Couteux le jeune jardinier à
Montreuil à cause de Louise Frémy sa femme, le
15 mars
1637 et
appellent le tabellion du lieu pour passer un
nouveau Rachat de rente
[AD93/2E6.32/CXXXI.65].
Contrairement en décembre précédant, ils rachètent cette
part évaluée 14 sols 3 deniers, pour la somme de 11£ 8
sols 6 deniers. Cela correspond bien à la septième
partie tel que précisé. Si il faut lire dans les faits::
«rachètent la deuxième de huit parties de 100 sols» en
raison du rachat précédant, alors les héritiers paient
trop , soit un huitième de rente pour le prix d'un
septième. Pour l'instant, comme nous ne connaissons que
sept enfants, une erreur de calcul en décembre 1636
semble plus probable. Donc, feu Pierre a plutôt
bénéficié d'un rabais. Les fils Claude et Pierre signent
avec des gendre, mais Mathieu Guait ne sait signer. Il
est intéressant de noter que malgré le fait que Pierre
Adam a bénéficié de l'épithète "l'aîné" - très tard -,
il retrouve une fois décédé l'épithète qui fut le sien
presque toute sa vie. Comme quoi parmi les morts, il
doit encore se distinguer de son oncle (et de son père).
Son épouse Suzanne Chauvin
décède
à son tour
le 30 mars
1640 aussi à
Montreuil. Bien que ces actes sont très bref, on indique
bien qu'elle est la veuve de Pierre Adam.

Les
enfants connus de Pierre Adam le jeune et Suzanne
Chauvin
1.
Marie Adam o 27 mars 1598
(Mn Marie Chauvin et Perrette Simon, Pn Michel Prévost); m
23.8.1620 Montreuil Pierre Laureau/Loriot.
2.
Nicole Adam
o 13 août
1599 Montreuil (Pn Nicolas Le Roy, Mn Nicole ____
[lecture difficile] et Michelle Durant); m 1621
Mathieu Guay
3.
Barbe Adam o 8 janvier
1601 Montreuil; (Pn Germain Minguet, Mn Barbe Girard et
Barbe Lepere); probablement décédée jeune.
4.
Pierre Adam o 22 février
1603 Montreuil (Pn Pierre Penon et Pierre Solavin, Mn
Denise Dory); probablement décédé jeune.
5.
Claude Adam o 10 septembre
1604 Montreuil (Pn Claude Girard et Jean Girard, Mn Barbe
Adam); m avant 1630 Nicole Billet.
6.
Pierre Adam o 28 août 1606
Montreuil (Pn Antoine Depied Mn Catherine Baudeau et Jeanne
Chauvin); probablement décédé jeune.
7.
Marguerite Adam o 14 décembre
1607 Montreuil (Pn Louis Houdart et Denis Syon, Mn Jeanne
Porte [Porée ou de La Porte?]); m avant 1629 Antoine
Bidault.
8.
Pierre Adam o 30 août 1610
Montreuil (Pn Philippe Mainguet et et Robert Hervy, Mn
Perrette Adam); m 10.8.1642 Jeanne Lahaye.
9.
Jeanne Adam o 7 mars 1612
Montreuil (Pn Hubert Pépin fils de Jean, Mn Jeanne Girard
et Jenne Pesnon fille de Pierre); m avant 1633 Jean
Thioust.
10.
Geneviève Adam o 28 novembre
1614 Montreuil (Pn Elie [?] Le Roy, Mn Geneviève Préaux et
Perrette Prévost); peut-être m 2.5.1638 Augustin
Vitry?