Il existe deux
Guillaume Guérin né à peu près en même temps, soit en 1536
et 1537. Mais d'après mon étude sur la population, il
semble clair qu'il n'y en a qu'un qui fonde une famille, du
moins à Montreuil.
Guillaume
Guérin est né le 5 juillet
1536 que
l'on trouve la naissance de Guillaume Guérin, fils
de Pierre Guérin & Perrette
Prévost.

Pour sa
part, la filiation de Perrette Vitry est connue par
la Déclaration de 1574 où Perrette est indiquée la
fille de Pierre Vitry dit Guigny. Il existe une autre
Perrette Vitry fille Pierre de deux ans son aînée, mais
heureusement la déclaration précise le sobriquet
"Guigny" qui permet de les distinguer. On trouve donc
la naissance
de Perrette de
Vitry le 13 août
1540 à
Montreuil, fille de Pierre de Vitry &
Perrette Becquinard.

Guillaume
Guérin prend en mariage
Perrette Vitry
le 16 novembre
1561 à
l'église Saint Pierre Saint Paul de Montreuil sur le bois
de Vincennes.

Le 8 août
1574,
Guillaume Guérin passe devant le greffier de Montreuil qui
travaille à contituer le nouveau Terrier du fief de
l'Abbaye de Saint-Antoine de Paris à Montreuil. Cette
congrégation est propriétaire d'un grand secteur à l'est de
Montreuil. Guillaume se présent pour y faire sa
Déclaration
de terres [S/4403/De1574]. La famille y
tient au total 126 perches (25 perches font un quartier et
100 perches font un arpent) qui se répartissent de la façon
suivante: 83 perches de terre, 18 perches de vignes et un
demi quartier (12,5 perches) de vignes au Gobetu, puis un
demi quartier de vignes au lieu-dit Machecroute. Ce sont
les 18 perches de vignes ici qui nous intéressent
particulièrement car on peut y lire que Guillaume Guérin
tient cette pièce «A cause de sa femme, au lieu de Pierre
Vitry Gagnier». De même, le demi quartier du Gobetu, qu'il
semble avoir acquis d'un co-héritier Vitry, est voisin des
«hoirs de feu Pierre fils de Pierre Vitry dit Guigny». Bien
que la faimlle Vitry est très nombreuse sur Montreuil, et
que les homonymes pullulent, la sobriquet Guigny/Gaigny
porté par certaines branches permet ici d'identifier le
père de Perrette. Cette information semble bien confirmée
par la naissance connue de Perrette parmi cette famille.
Contrairement au Terrier conçu à cette occasion, les
déclarations déposées à cet effet sont d'autant plus
intéressants car ils sont parfois rédigés ou signé par le
sujet quand il sait écrire. Ici, on trouve la signature de
Guillaume Guérin avec son paraphe. Les signature des
particuliers sont extrêmement rare avant l'établissement de
l'étude notariale en 1603.
Le 30 novembre
1587,
Guillaume Guérin laboureur de vignes à Montreuil est
preneur d'un Bail à loyer de vignes
pour 130 perches
de vignes, ou 5 quartiers 5 perches, envers les pères
Minimes du Bois de Vincennes (parfois nommés Bons
Hommes) [ANF S/4313]. Il y a un doute quant à l’identité
du preneur de ce bail, car Guillaume Guérin déclare
«ne pouvoir
écrire ni
signer». Or, comme on a vu en 1574, notre Guillaume
Guérin en est capable. Je suis quand même d’avis que
c’est la même personne pour trois raisons: D’abord on
dit qu’il ne “peut” signer contrairement à l’habituel ne
“sait” signer. Il est peut-être blessé ou malade, et
entend être rétablit sous peu; ou encore handicappé, ne
pouvant “physiquement” signer (ayant alors des ouvriers
sous sa charge pour effectuer les charges du bail).
Deuxièmement, selon l’étude de la population en cours,
il ne semble n’avoir qu’un Guillaume Guérin adulte
vivant à cette époque. Il peut bien y en avoir un jeune
adulte, mais ce Guillaume Guérin affirme avoir déjà
cultivé ces pièces, inférant un bail préalable aussi de
plusieurs années, ce qui suggère qu’il doit être au
moins fin de la trentaine ou de la quarantaine.
Troisièmement, notre Guillaume Guérin est connu comme un
grand laboureur, c’est à dire qu’il possède beaucoup
plus de terres (et d’équipements, bêtes de labours,
etc.) qu’un cultivateur moyen. Il a donc plus de moyens
et est mieux en mesure de prendre les risques rattaché à
un tel bail: il hypothèque tous ses biens meubles et
immeubles en garantie. Le loyer de 5 écus soleil est
très élevé et il doit y faire en plus des améliorations
de javelles d’échalas. Guillaume Guérin loue donc pour
six ans, trois pièces de vignes, soit deux quartiers
(demi arpent) au lieu-dit Les Pressoirs, deux quartiers
au lieu-dit Dessous Le Pré, puis 30 perches au lieu-dit
Les Deux Pressoirs. Les Minimes n’ont pas de fief ou
censives comme tel, mais appartiennent plusieurs
parcelles dans les environs à même les seigneuries en
place. Dans ce cas, les pièces toutes à Montreuil sont
dépendantes de la seigneurie de l’Abbaye St-Victor, mais
ces lieux-dits n’apparaissent pourtant pas dans les
terriers seigneuriaux. Les Minimes ont un couvent et
oratoire au centre du bois de Vincennes.

Ils jouissent d’un droit
de dîmes sur plusieurs des seigneuries ecclésiastiques
de Montreuil et de Fontenay. Plusieurs documents
témoignent de leurs revendications à cet égard depuis
le 13e siècle, que les Roi ultimement soutiennent. Ils
ont un droit sur le tiers des dîmes que les seigneurs
de St-Antoine, St-Victor collectent sur leur domaines
respectifs, et sûrement d’autres. Ils doivent souvent
défendre ce droit. En 1857, l'architecte de Napoléon
III, Jean-Charles Adolphe Alphand fait creuser
le Lac des Minimes dans l'enclos circulaire.
Les enfants
connus de Guillaume Guérin et Perrette
Vitry:
1.
Marguerite Guérin o 7 b 8 janvier
1563 Montreuil (Pn Nicolas de Vitry, Mn Marie de Vitry et
Marguerite Guérin); probablement décédée jeune.
2.
garçon anonyme
Guérin o app. 1566 (Rg
lacunaire); décédé 18 mai 1583 Montreuil
«un grand
garçon pour Guillaume Guérin».
3.
Catherine Guérin o et b 24 mai
1568 Montreuil (Pn Nicolas Houdart, Jacqueline Giblet et
Guillemette Guérin); m app. 1592 Jean Dory; semblent
établit à La Pissotte.
4.
Claude Guérin
(fille) o
app. 1574 Montreuil (Rg
lacunaire 1569-1574) m vers
1599
Robert
Masson.
5.
Jacqueline Guérin (à prouver) o
app 1576 Montreuil [citée marraine chez Jeanne en 1608].
4.
Jeanne Guérin o et b 19
septembre 1578 Montreuil (Pn Jean Solavin, Mn Jeanne
Meunier et Agnès de Vitry); m app. 1600 Claude
Vitry.