60 000 ans d'histoire!

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Cette présentation est une traduction libre des résultats des tests ADN-Y Savard du Genographic Project du National Geographic et de FTDNA, augmenté des données de la International Society of Genetic Genealogy des dernières découvertes et de la nomenclature de notre haplogroupe révisée conséquemment. Le projet Genographic et la FTDNA tardent toujours à adopter la nouvelle nomenclature proposée il y a à peine un an.

Les progrès en matière de génétique ont permit de nous révéler tout un monde d'histoire ancienne avec l'analyse du chromosome Y. Ce chromosome se transmet en copie conforme de père en fils, de génération en génération depuis la nuit des temps. Comme rien n'est parfait, très rarement, une mutation peut se produire sur un marqueur particulier, modification qui est à tous ses descendants. Comme la fréquence mutation est prévisible pour certains marqueurs, il est possible pour les chercheurs de reconstituer la filiation des grandes branches de l'humanité qui ont peuplé la planète terre.

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Le haplogroupe (branches de la race humaine) du chromosome Y de Simon Savart, comme celui de tous ses descendants mâles, est en principe le E3b1 (ou M35). Mais commençons par le début... Un test est en cours confirmera bientôt mon haplogroupe, et des tests sur d'autres candidats sont nécessaires.

Il faut aussi rappeler que dans ce domaine, les interprétations sont conjoncturelles, et peuvent changer au fur et à mesure que les connaissances avancent dans cette science en développement. Le tout est alimenté de nouvelles données à chaque candidat testé. Il est donc important de partager ses résultats pour faire avancer la science.

Adam Eurasien
Tous les hommes mâles habitant à l'extérieur de l'Afrique descendent d'un ancêtre mâle unique, que l'on nome le Adam génétique. Il n'a rien à voir avec Adam biblique, car il est d'abord beaucoup plus ancien. Et puis, Adam Eurasien n'était pas le seul humain de son temps. Il est le seul dont la descendance a survécu jusqu'à aujourd'hui (il y a une Eve génétique pour les femmes, déterminé avec l'ADN mitocondrial, mais elle est apparue 100 000 ans plus tôt que Adam eurasien). Chez cet homme qui est né il y a environ 60 000 ans, est apparu une mutation, donnant naissance au premier marqueur propre aux hommes non-africains, souche identifiée M168. Une nouvelle branche qui se détache de sa souche est définie par la mutation d'un marqueur SNP, et identifiée par son marqueur ou par son haplogroupe correspondant (M168 = haplo CR).
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Les plus anciens squelettes d'humains modernes datent d'environ 200 000 ans. Les premiers humains modernes à quitter l'Afrique le font vers 60 000.

M168 (haplo CR (nomenclature ISOGG), app. -51 000 ans à -73 000 ans)
À cette époque, la planète connaît un recul temporaire de l'ère glaciale. Les humains dont la branche M168 utilise des outils de pierre. À cette époque apparaissent les premières preuves d'art et de capacités conceptuelles avancées. Le climat de l'Afrique passe de sécheresses à des températures plus chaudes et humides. C'est dans cet environnement que naît
Adam Eurasien dans la vallée du Rift en Afrique, probablement vers l'Éthiopie, le Kenya ou la Tanzanie. Il y a environ 10 000 humains au total à cette époque.

C'est probablement des changements climatiques qui poussa les première population à explorer à l'extérieur du continent.

Il existe encore à cette période en Europe jusqu'en Asie d'hommes de Neandertal, mais ils ne sont pas les ancêtres des hommes modernes, mais bien des cousins lointains. Certains des M168 qui quittent les premiers l'Afrique les côtoyèrent pendant près de 25 000 ans, mais selon les analyse d'ADN, aucun croisement entre ses espèces ne se produit. Notre branche quittera par contre l'Afrique beaucoup plus tard.

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YAP (M1/M145, haplo DE, app. -50 000 ans)
Parmi les descendants de M168 (ou Adam), un nouvelle branche se forme caractérisée par une mutation rare nommée insertion Alu dans le chromosome Y, où un fragment de 300 nucléotides d'ADN s'insère dans le génome humain lors de la division cellulaire. Avec le temps, ce groupe se divise en deux: un se trouve aujourd'hui principalement en Afrique et autour de la Méditerranée défini par le marqueur M96 et nommé E dont nous somme, et le deuxième définit par la mutation M174 et nommé haplogroupe D.

m96
M96 (haplo E, app. -30 000 à -40 000 ans, testé +)
Quitter l'Afrique
Au haut paléolithique, est né notre ancêtre M96 il y a environ 35 000 ans dans le nord-est de l'Afrique. Ses origines sont encore nébuleuses, mais les études se poursuivent à son sujet. A cette époque, l'Afrique subit une ère glacière sèche, et les humains sont au nombre de dizaines de milliers.

Ce que l'on sait, c'est qu'il y a deux grande vague de population quittant l'Afrique. Le premier groupe, petit, quitte il y a 60 000 ans et suivra les côtes. Ses descendants se rendront éventuellement en Australie. Le deuxième grand exode débute il y a environ 50 000 ans, quittant vers le nord. La majorité de ces derniers son descendants d'un homme du marqueur M89, qui donne naissance au Clan du Moyen-Orient. Bien que 90 à 95 % des non africains descendent du clan du Moyen-Orient.

Notre M96 a peut-être accompagné le clan M89 (app. -50 000 ans)qui suivaient les troupeaux de grands mammifères à travers les plaines et la savane du Sahara d'alors.

Ou encore, nos M96 ont peut-être migré beaucoup plus tard, suivant les traces de leurs prédécesseurs. Il y a 40 000 ans ou environ, le climat se refroidit à nouveau et le Sahara redevient désertique, bloquant l'issue hors d'Afrique pour les prochains 20 000 ans.

P2 (haplo E3, app. -25 000 ans, testé +)
Retour en Afrique
Cette étape sautée par le projet Genographic est définie par le marqueur P2 (parfois PN2). Celui qui a donné naissance à cette mutation est notre ancêtre commun avec une grande partie de la population afro-américaine, où le haplogroupe E3a est for représenté. L'étude de Cruciani (2002) suggère que après avoir quitté l'Afrique certains de ce groupe seraient revenus en Afrique pour se disperser à nouveau là. On y suggère aussi qu'en leur absence dans les Balkans, les rares E3b d'Europe y ont peut-être migré directement en Europe.

M215 (haplo
E3b, app.-21 000 ans)
Les mutations M35 et M215 étaient jusqu'à récemment toujours trouvées ensemble. La découverte en 2004 par l'équipe de Cruciani (2004) de deux sujets éthiopiens (Ahmara) ayant la mutation M215 sans la mutation M35 indique que la première est plus ancienne que la seconde, définissant de ce fait une nouvelle étape jusqu'alors inconnue. Cette découverte force donc la révision de la nomenclature, où M215 garde le nom E3b mais le M35 devient E3b1.

m35
M35 (haplo E3b1, -20 000 ans, testé +)
Agriculteur néolithique
Il y a 20 000 ans, un descendant de M96 donne naissance au moyen-orient de l'homme au marqueur M35, dit du haplogroupe E3b1. Il y a à cette époque quelques centaines de milliers d'humains sur la terre. L'homme des cavernes vient à peine de s'éteindre. C'est toujours l'ère glacière. Notre ancêtre utilise des outils et des techniques du haut paléolithique.

Les descendants de M35 sont parmi les premiers à pratiquer l'agriculture. Il y a 10 000 ans finissait la dernière ère glacière. On croit qu'il y a corrélation entre la fin de cette ère, et la révolution néolithique dont nous avons fait parti. On commence petit à petit à délaisser le nomadisme du chasseur-cueilleur pour s'établir et pratiquer l'agriculture et domestiquer des animaux.

Il y a environ 8000 ans, le succès de l'agriculture dans le croissant fertile crée une explosion de population. Ce boom démographique encourage donc les migrations, et ainsi les descendants de M35 se déplaceront en Europe où ils importeront avec eux leurs techniques agricoles.

Le contrôle des sources alimentaires est un point tournant dans l'histoire de l'humanité. Jusqu'alors, les gens vivaient en petits clans de 50 à 60 personnes, très mobiles et organisé sans complexité. L'agriculture a permit les premiers noyau de civilisation, avec un organisation sociale plus complexe. Passant de réseaux de parents ou de tribu à des relations communautaires plus complexes. L'agriculture encouragea le commerce, l'écriture, les calendriers et est nécessaire à la sédentarité donc la création de villages et de villes.

Les descendants de E3b1 connaisse plusieurs migrations, un va et vient entre le Moyen-orient et l'Afrique de l'Est, et même jusqu'en afrique de L'Ouest.

M123 (haplo E3b1c, approx. -8 000 ans, testé +)
Pendant ces migration des descendant M35, semble naître notre ancêtre formant une nouvelle branche avec la mutation du SNP E-M123 (E3b1c). Ce dernier semble avoir vu le jour en Afrique du nord, bien que certaines études suggèrent l'Afrique de l'Ouest. En fait, il n'existe que quelques sujets découverts récemment descendant de ce dernier, sans descendre du M34 qui suit. Il n'y a pas encore assez d'éléments pour déterminer le foyer précis M123. Dans cette période notre lignée vivait probablement entre l'Égypte et le croissant fertile, avec un va et vient vers le moyen-orient selon le climat des siècles. Nul doute que nous étions dans ce grand berceau des civilisations anciennes. Vers la fin ce la période (et/ou au début du prochain sous-groupe). Il est encore trop tôt pour savoir si notre lignée faisait déjà partie des Cananéens, ou s'il intègrent ce groupe en déclin avec les hébreux arrivant d'Égypte en exil. Encore ont-ils intégrés les peuplades juives par les conquêtes assyriennes?

M34 (haplo E3b1c1, approx. -4000 ans, testé +)
M123-map
L'appartenance à ce groupe découverte et confirmée cette semaine (25 juin 2007), bien qu'attendue, n'en demeure pas moins étonnante. Alors que la plupart des Européens descendent des agriculteur néolithique ou des peuplades paléolithiques, notre arrivée en Europe est bien plus tardive. Le haplogroupe E-M34 est associé de près aux descendants d'Israélites. Le tableau ci-contre, dessiné alors que M123 et M34 étaient synonymes, représente en fait les M34. Ce groupe est présent selon les mêmes proportions (environ 10%) parmi le juifs Ashkénaze et Séfardique, et est souvent cité comme exemple d'origine Israélite. La présence de descendants en Égypte sont peut-être des résidus de l'exil biblique...

Agrégat Judéo-chrétien primitif? (haplo E3b1c1?, approx. -2100 ans)
(Rappel, il s'agit ici des meilleures hypothèses selon l'état des connaissance à ce jour, dans un domaine qui évolue rapidement, donc avec réserves)
En manipulant les résultats des candidats testés qui se rapprochent le plus de nous de la base Ysearch, soit depuis 2300 ans, puis dans un système de calcul d'âge d'ancêtre commun (AC), on remarque une forte corrélation entre l'âge et le lieu d'origine. Ainsi, la distance antre notre ancêtre commum est de (estimation à 50% de probabilité): 1650 ans avec les sujets Anglais, 1900 ans avec les sujets Grecs/Italiens, mais d'au moins 2300 ans avec les patronyme à consonnance juive (Europe de L'Est, Péninsule Ibérique correspondant aux juifs Ashkenaze et Séfardique). Cette distribution et probable diffusion est la base d'appuis de mon hypothèse selon laquelle notre lignée, parti de cet agrégat, quitte le Levant et émigre en Europe de concert avec la Christianisation. Selon cette explication, qui certes reste à prouver, nos ancêtres auraîent été parmis ces chrétiens primitifs alors que le christianisme n'était qu'une secte du judaïsme. Ce avant que les grecs convertis (non sémitiques) deviennent supérieurs en nombre pour réduire l'influence de l'église de Jérusalem jusqu'au Conseil de Nisea. Sommes-nous du Saint Graal version Dan Brown? Sûrement pas, mais peut-être bien de proches, comme un saint Paul de Tharce... Ce n'est que spéculation mais les recherche se poursuivent. Ça rend le documentaire récent de James Cameron & Simcha Jacobovici (
Le tombeau perdu de Jésus) qui relance le débat sur la parenté de la famille sainte.
Pour visionner le tableau des cousins E3b1c1 testés, rassemblés du
Projet E3b et du Projet ADN Héritage Français, suivez le lien des Cousins E3b1c1 (bientôt).

Culte de Saint Pierre et Saint Paul
Notre lignée est potentiellement arrivée sur Montreuil à partir d'Italie avec le culte de Saint Pierre et Saint Paul au 8e siècle, qui est cité comme origine probable du nom du lieu de culte (Rapport archéologique 2004 SPSP Montreuil). C'est aussi vers ces dates que vivant l'ancêtre commun entre les Savard et les Boucher (anoblis) canadiens. Ses derniers ont-ils simplement continué leur route vers le Perche alors? Les prochaines analyses vont sûrement jeter plus de lumière sur cette période, qui commence à se rapprocher des sources textuelles.

Rien n'empêche que nous soyons issus d'une autre branche du Moyen orient, tel les Phéniciens de Cathages, ou par des israélites apostats intégrés à l'Empire romain avec lequels ils auraient migrés. Pas impossible mais moins probable pour l'instant.

La suite...
Pour voir un
tableau généalogique (descendance) des haplogroupes, suivre le lien. Il est mis à jour périodiquement avec les résultats des dernières études que l'on peut aussi consulter.
Nous avons aussi la chance de faire partie d'un haplogroupe qui intéresse plusieurs chercheurs experts dans le domaine, dont les fondateurs de FTDNA. En plus, le site d'
E3b lancée par d'autres experts offre une série d'outils pour faire avancer la recherche en rassemblant les efforts.