Marie Boudin est baptisée à Montreuil le 4 janvier 1544, fille Pierre Boudin et Jacqueline de La Haye. La Succession de 1615, confirme que c'est bien la même Marie Boudin qui épousera Toussaint Souhaitté.

Toussaint
Souhaitté (Souhetay) voit le jour à
Montreuil, comme son nom le dit, à la Toussaint. Il est
baptisé même jour, soit le 1er
novembre
1548 à
St-Pierre et St-Paul de Montreuil [AD93 Rg ML].

Eadem die prima
mensis Novembus
Per
me Guillermum Macet pbrm [presbitarium] baptisate
est
Tossanus
filius
Claudii souhetay et
L
rete darennes eme
uxoris
Lenatus
de sacrosonte L
guillermum
darennes blansium
darennes
et Joannam Souhetay
[L
abbr. =
par
ou
per donc Perrette
]
C'est
par cet acte que l'on connaît les parents de Toussaint
: Claude Souhaitté &
Perrette Darennes.
Le mariage
du couple Souhaitté-Boudin, doit se situer
vers
1568. Comme
les mariages sont lacunaires entre 1565 et 1574, leur acte
de mariage n'a pas été conservé.
Au début
1571, Toussaint Souhaitté est poursuivit en
Justice
pour une raison
non spécifiée, par Jean Geoffrion [AN Z/2/2500].
Le 30 janvier
1571,
Nicolas Darennes représentant Toussaint Souhaitté
affirme que son client sera présent au prochaines
assises de la cour. À cette période, les représentants
de la justice semble sièger à Montreuil les mardi.
Le 6 février
1571,
Toussaint Souhaitté prête serment, et jure qu'il n'a
rien de Geoffrion sauf une paire de semelle de soulier
qu'il offre de lui rendre. Signe de quoi à 22 ans, il
est déjà cordonnier. Le procureur de Jean Geoffrion est
rappelé pour fournir une estimation des biens que le
plaignant réclame, le 20 février
1571.
Mais le procureur n'a rien à présenter et demande une
autre semaine (la huitaine)pour produire les documents.
Quoi qu'il en soit, Souhaitté semble avoir raison, car
le 27 mars
1571,
Toussaint apparaît cette fois comme demandeur pour que
l'on ordonne à Geoffrion de régler les frais encourus
pour la poursuite, charge du perdant de la cause. Le
langage légal et l'écriture sténographique rendant la
lecture difficile, cette interprétation est avancée avec
réserves. Les témoignages et la plainte se semblent pas
avoir été conservés. En fait cette liasse des minutes
civiles (1563-1576) a été classé par erreur parmi les
documents de la justice de la seigneurie de Montreuil,
alors que mon relevé révèle qu'ils d'agit plutôt des
Audiences de la justice des terres et fief du Temple de
Paris à Montreuil. C'est un tout petit fief qui comprend
à peine un douzaine de censitaires, dont en toute
vraisemblance la boutique de savetier de Toussaint.
Selon des amendes taxés aux manants en 1566, c'est
l'oncle maternel de Toussaint - possiblement son tuteur
- qui occupait cette propriété en 1566.
On retrouve
par la suite Toussaint Souhaitté dans le Censier du terrier
de St Antoine de 1574
[AN S/4401/54],
relevé par René Connat. Nommé Toussaint Souhetté, savetier
à Montreau (situé à l'est sur la carte de 1770 ci-dessous, près
Fontenay), pour une terre de 15 perches à Montreau.
Cette terre semble donc se situer près de la Ferme
St-Antoine, située à mi-chemin entre le château de
Montreau et le centre du village de Montreuil.

Ferme
St-Antoine lieu-dit
Montreau, possible lieu de censive de 1574.
(Carte des
chasses vers 1770)
Toussaint Souhaitté décède avant l'été
1598. On ne
connaît pas la date exacte, car les actes de sépulture
n'ont pas été conservés pour cette période.
Le
18 juillet
1598, Marie
Boudin, veuve de feu Toussaint Souhaitté passe une
Déclaration d'héritage
[AN S/4403] de
ses terres tentant du fief de l'Abbaye des religieuses
Saint-Antoine. Elle tient deux pièces d'un demi quartier
chacune (deux fois 12,5 perches) au lieu-dit les Blancs
Villains à Montreau, faisant partie du fief de
Saint-Antoine. Les pièces sont toutes deux rattachées
d'une dîme de six sols parisis. La terre mentionnée au
cens 1574 semble donc avoir été augmentée.
À cette
date, ce mercredi avant-midi 1er juin
1605, on se
rassemble avec le notaire Hierosme Mallot dans la demeure
de Pierre
Souhaitté. Mallot y rédige une minute
de
Report de
rente, de Jacques Pépin envers
Marie Boudin, dite veuve de feu Toussaint Souhaitté
[AD93 Et/CXXXI/1]. Mais plus qu'un simple report, on y
décrit comment Marie Boudin semble vouloir consolider la
rente qui semble avoir apartenu au patrimoine la famille
Laizier, les ancêtres de sa brue Denise Pépin. Il
sera peut-être possible d'en savoir plus long car Marie
Boudin semble avoir ses titres en main puisque le
notaire décrit chacun en nommant les notaires
signataires. Premièrement, Jacques Pépin agit comme
tuteur et curateur des enfants mineurs de Nicolas
Laisier & Anne Breteau sa veuve, qui a épousée
depuis en secondes noces Pierre Bescheux, serviteur de
madame la duchesse d'Angoulême. Ce Nicolas Lesier est le
demi-frère de Thierrie
Laisier, fils de Nicolas
Lesier et sa deuxième épouse Jeanne
du Vaux. La rente reportée est de 60 sols tournois, qui
représente un tiers d'un titre de rente de neuf livres
tournois. On mentionne ensuite les actes suivant dans la
minute, que Jacques Pépin et Marie Boudin semblent avoir
en main au sujet de ce titre.
- Le
30 mars 1605 [à voir AD93
Et/CXXXI/1], Titre nouvel de rente de 60 sols t. entre
Pierre Berthery à Jacques Pépin. Ce titre est ici
transporté à Marie Boudin le premier juin.
- Le
9 janvier 1604 devant
(Nicolas) Privé notaire [Et/LXII/37], vente titre de rente
de 60 sols t. par feu Jean Laisier l'aîsné et Marion
Fournier sa femme et defunt Thomas Renard. Ce Jean Laisier
l'aisné est soit un deuxième frère du nom de
Thierrie
Lesier, ou son
oncle, un frère de Nicolas Lesier. Thomas Renard est
l'époux en deuxième noces de Catherine Milcent, mère de
Marion Fournier.
- Le
9 octobre 1577 devant (Adrien)
Arragon [Et/LXXXV/77 ca] et (Jacques) Joyeux [Et/XXIX/31
ca], Vente et constitution de rente par Gilles Foucault et
Louise Laisier sa femme à Denise Pépin veuve de feu Etienne
Cornu, rente de 3 livres 10 sols t. (donc 70 sols). Ici,
Louise Laisier est la soeur de Thierrie Laisier. Cette
Denise Pepin est peut être une soeur de Renaud Pépin,
l'époux de Thierrie Laisier. On trouve "au bas d'un
contrat", présumé celui-ci, un Rachat par Thierrie Laisier
envers Girard Renard, qui est fils de Thomas Renard &
Catherine Milcent. On peu croire que Thierrie Laisier a
cédé cette part à (Marie Boudin) la mère de son gendre
Pierre Souhaitté, car destinée il semble à leurs
petits-enfants communs.
Marie Boudin est effectivement chargée aussi des deux
derniers contrats cités. Donc après cet acte, elle semble
en fait tenir le titre entier cité, de 9 livres tournois.
Comme témoin, Pierre
Souhaitté qui signe, ainsi que le
beau-père de Jacques Pépin, Robert
Masson, et grand-père de l'épouse
du couple-pionnier canadien Gaston Guay & Nicole
Prévost, qui signe aussi (voir ce
lien). Nous somme à tenter de retrouver ces actes cités
qui jetteront plus de lumière sur les complexités de
cette rente.
Le
23 juin
1607, Pierre
de Vitry fils de Robert Vitry passe une
Vente et transport de
rente de 75 sols de rente à Marie
Boudin, veuve de Toussaint Souhaitté, qu'elle achète ou
la somme de 45 £ [AD93 Et/CXXXI.5]. On indique que cette
rente a été fondée le même jour, vendue par Robert Vitry
à son fils Pierre Vitry. Ce n'est pas le même Robert
Vitry qui épouse dans cette période Nicole Souhaitté
fille de Marie Boudin. En terme moderne, Pierre prête
(en théorie) 60 £ à son père (une rente de 75 sols
annuel vaut normalement 60 £; soit 1/16 en intérêt, le
capital demeurant fixe) contre les 75 sols. Mais Pierre
Vitry transporte aussitôt cette rente à Marie Boudin
pour 45 £. Reste à expliquer la différence entre les 45
£ que Marie paye pour le titre et les 60 £ présumés qu'a
payé Pierre à son père. La rente est rattachée au tiers
d'une maison, court et jardin assise Rue Du Pré. Le tout
comprent deux ou trois quartiers de terre. Le fils de
Marie Boudin, Pierre
Souhaitté assiste à la rédaction de
l'acte et signe.

Marie
Boudin passe de nouveau chez le notaire de Montreuil
le 31
janvier 1610 avec ses enfants pour
passer une Constitution
de rente, où chacun des enfants,
Pierre, Nicole et Jacqueline, doivent payer
annuellement 20 sols tournois à leur mère
[selon cessation de 1614]. Cet acte n'a pas
encore été retrouvé, et n'a peut-être pas été conservé.
Marie
Boudin, veuve de Thousaint Souhaitté, cède une Maison cour
et jardin assise Rue Charles Boitel d'une valeur de 162 £ à
ses enfants (Pierre, Jacqueline et Nicole), selon un
Accord de transaction
le
1er
décembre 1611 [AD93 Et/CXXXI.13]
entre Pierre
Souhaitté et Thomas de Vitry à cause
de Jacqueline Souhaitté sa femme. Les détails de cette
transactions sont élaborés sous Pierre.
Le
18 novembre
1613, Pierre
de Vitry est libéré de la rente du tiers de la Maison cour
et jardin Rue du Pré prise six ans plus tôt, quand Jean de
Cambray prend la relève en tant qu'époux de Thomasse de
Vitry, elle veuve en première noce de Robert de Vitry, au
nom de son beau-fils Denis de Vitry, par un
Titre nouvel de rente
[AD93
Et/CXXXI/17] envers Marie Boudin, veuve de Toussaint
Souhaitté. La rente est toujours de 75 sols tournois. La
veuve Boudin n'est pas présente, et le preneur est
chargé de lui livrer sa copie du titre. Il semble
d'après cet acte que Pierre Vitry donne simplement cette
rente à son frère Denis qui n'est toujours pas majeur.
Le
22 novembre
1614, Marie
Boudin veuve passe une
Cessation de rente
[AD93
Et/CXXXI/19]. Marie Boudin reconnaît cette rente
constituée le 31 janvier 1610 passé à Montreuil (dont
nous tentons de retrouver), à Pïerre Souhaitté, Nicole
Souhaitté alors veuve de Jacques Héricourt (depuis
remariée à Robert Vitry), et à son gendre Thomas Vitry à
cause de Jacqueline Souhaitté. Marie Boudin témoigne de
la grande amitié qu'elle porte pour ses enfants, et à
l'affection et l'amitié qu'ils lui ont porté, pour
justifier son geste. Bien que ses enfants semblent
absent lors de la rédaction, le beau-frère de Pierre
Souhaitté, Jacques Pépin signe comme témoin. Mais ce
geste est peut-être pour aider Pierre et sa femme qui
font face à la justice dans l'affaire contre Quentin Celerin,
quelques jours auparavant.
Marie Boudin
hérite de sa soeur le 24 avril
1615 [AD93
Et/CXXXI.20], lors du
Partage de succession
de feue Isabel
Boudin. Malgré ses trois mariages (avec Jean Vitry,
Guillaume Boucot puis Germain Thioust) dont trois
naissances connues, Isabelle, veuve, n'a apparemment pas
de progéniture à son dècès, car se sont ses frères et
soeurs qui réclament sa succession. Puisque ses enfants
ne survivent pas, son patrimoine est divisé entre ses
frères et sa soeur. C'est donc Robert Boudin courroieur
en cuir et bourgeois de Paris, Marie Boudin veuve de
Toussaint Souhaitté, et Laurent Villard gendre de
Nicolas Boudin ayant épousé sa fille Marie, qui se
présentent por le partage. (Marie Boudin est d'ailleurs
la marraine de cette nièce homonyme). Après avoir fait
visiter les possessions (3 pièces de 8 perches) par des
vignerons «gens à de ce
connaissants», les sujets s'entendent
sur une division trois lots, qui sont ensuite tirés au
hasard comme le veut la coutume. Même si elles font
chacun 8 perches, elles n'ont pas le même prix. Le
premier lot qui se comporte de la pièce 8 perches au
lieu-dit Fosse à Pinson, est tirée par Robert Boudin.
Les deux autres lot se composent de chacune des moitiées
des deux autres pièces aux lieux dits Bataille et Les
Plâtrières. Même divisées, les priseurs estiment que les
deux derniers lots ont une valeur supérieure au premier.
Marie Boudin et Laurent Villard doivent donc payer
chacun 60 sols (3£) tournois de «soulte
et retour» pour s'en tenir quitte. Le
fils de Marie Boudin, Pierre
Souhaitté, et ses gendres Thomas et
Robert Vitry, tous marchands savetiers, assistent comme
témoins au partage.
Selon
l'acte qui suit, Marie Boudin décide de léguer sa maison à
ses enfants. Le 16 février
1618, devant
les notaires au Châtelet de Paris, Pierre Fieffe et Thomas Groyn, elle fait passer un
Transport
et délaissement de maison à Pierre Souhaitté, Nicole
Souhaitté femme de Robert Vitry et à Jacqueline
Souhaitté femme de Thomas Vitry [AN Et/LXII/?]. Cet acte
qui n'a pas encore été vu devrais faire l'objet d'une
étude au cours de l'hiver, s'il a été conservé.
Trois jours
plus tard, les gendre de Marie Boudin décident de vendre
leurs parts de la maison à Pierre Souhaitté. Robert de
Vitry et Thomas de Vitry et leurs femmes passent le
19 février
1618 une
Vente de maison [AD93 Et/CXXXI/22] à
Pierre
Souhaitté. On cite dans cet acte que
Marie Boudin a délaissée tel que décrit ci-dessus. On
apprend aussi dans cette vente que Marie Boudin a
rattaché au délaissement une obligation de constituer
une rente de 20 sols tournois envers la fabrique de
l'église de Montreuil au jour de son décès. Marie Boudin
doit sentir avec raison ses jour comptés.
Quelques
jours plus tard, Marie Boudin veuve de Toussaint Souhaitté
demande un
Inventaire de ses biens le
28 février
1618, qui
désire habiter au logis de son gendre Thomas Vitry,
savetier [AD93 CXXXI/22]. Elle pense y demeurer pour une
période de trois mois, à partir du lendemain, soit le
premier jour de mars. Thomas Vitry accept
donc de s'occuper des affaires de sa belle-mère
pendant cette période. Elle doit sûrement penser aller
habiter chez son fils Pierre
Souhaitté, par la suite selon la
période en question.
Mais en
fait, elle ne s'y rendra jamais car selon l'acte qui suit,
elle décède
pendant cette même
nuit, présumément tôt le 1er mars
1618.
Dans
un
Délaissement de son fils
Pierre
Souhaitté du 27 juin
1625 [AD93 Et/CXXXI/36 classé
sous le 24], on apprend que Marie Boudin avait fondé
dans son testament une rente sur sa maison Rue des Oues
à l'église de Montreuil, qui fût enregistré le
1er mars
1618, par
son fils Pierre
Souhaitté, à titre d'exécuteur
testamentaire. Cette Donation n'a cependant pas été
retrouvée. La rente de 20 sols tournois (1£) annuelle
était à la charge de faire dire et chanter une basse
messe le 24 février de chaque année pour les vivants et
trépassés.
Enfants
connus de Toussaint Souhaitté et Marie Boudin :
1.
Jacqueline Souhaitté o vers 1571 [Rg
lacunaires entre nov. 1570 et avril 1574]; m circa 1595
Thomas Vitry savetier, +1646
2.
Jean Souhaitté o vers 1572 [Rg
lacunaires entre nov. 1570 et avril 1574][Sous réserves...
Selon acte de 1633 semble frère
de Pierre]; m vers 1596 Marguerite Pierestz
3.
Pierre Souhaitté
o vers 1574
[Rg lacunaires entre nov. 1570 et avril 1574]; m
Denise
Pépin; d 1625
peste.
4.
Nicole Souhaitté o 19 b 20
janvier 1577 Montreuil (Pn Nicolas Boudin, Mn Colette
Girard et Catherine Adet); m Jacques Héricourt (+ avant
30.8.1604), rem app. 1605 Robert Vitry savetier.
5.
Marguerite Souhaitté o 9 b 25
octobre 1579 Montreuil (Pn Jean Souhetay, Mn Marguerite
Prévost et Barbe Cambray; probablement décédée jeune.
6.
N_? Souhaitté [Rg lacunaires
1581-1584].