charron
Jean Savart, la souche actuelle de la lignée des Savard canadiens, est lui aussi charron. On ne connait pas encore l'identité de ses parents, mais on y travaille. Jean Savart le charron est héritier d'un feu Jean Savart soldat en morte paye, mais comme on ne lui connaît pas de femme ni de progéniture, on doit présumé qu'il s'agit d'un oncle ou grand-oncle faute de preuves.

Les Savart sont nombreux à Montreuil au temps de Jean. En fait on recense au moins huit Jean Savart dans la région de Montreuil à cette période. Il y a des Savart à Montreuil, à Vincennes et dans tout l'est parisien depuis au moins le début du XV
e siècle, soit plus de 150 ans avant la naissance de Jean. On ne connait pas d'autre Savart charron antérieur à Jean.

Le charron semble épouser d'abord une femme dont l'identité est encore inconnue. Le 2 mars 1589, un «petit enfant pour Savart charron» est enterré dans le cimetière de Montreuil [Rg SPPM]. Est-ce Pasquier Savart fils de Jean Savart & Simone Durant né 20 jours plus tôt? Impossible de s'avancer, mais si c'est le cas, Simone Durant décède aussi peu après la naissance.

Le couple Jean Savart et Marguerite Thubye semble s'unir vers 1590-1593. La première mention du couple est à la naissance de Simon au début 1595. Mais il n'est pas exclut que le couple s'unisse avant et que Marguerite soit ainsi la mère de l'enfant décédé en 1589. Ceci semble pourtant moins probable en raison de l'absence de naissance du couple avant 1595. Peut-être ont-ils fait baptiser des enfants à La Pissotte où les registres sont lacunaire entre 1572 et 1599?

On ne connaît pas non plus la naissance de
Marguerite Thubye , mais on lui connaît par contre plusieurs frères et soeurs, par le biais d'actes de successions. Marguerite est fille de Nicolas Thubye et Marguerite Beausse. Nicolas est le premier du nom à Montreuil, et le patronyme se propage par ses enfants. Il y a quelques période lacunaire dans les baptêmes, ce qui explique pourquoi on n'y retrouve pas le baptême de Marguerite.

marque1604
La première mention de Jean Savart chez le notaire se trouve le 13 septembre 1604 [AD93 Et/CXXXI/1]. Jean Savart passe alors un Compromis avec Nicolas Lablanche, serrurier de Villejuif (94). On apprend d'abord dans cet acte que Jean Savart charron est désigné héritier d'un feu Jean Savart, décédé avant 1604, de son vivant soldat en morte paye au château de Vincennes. Le soldat connaissait bien les parents de Nicolas Lablanche, car il a été désigné parrain de la soeur aînée de Nicolas, en 1578. Avant sa mort, le soldat s'était endetté envers la famille Lablanche. Quand Nicolas Lablanche atteint la majorité, il entend être remboursé de sa créance envers le défunt soldat. C'est alors qu'il intente un procès devant le prévôt de Paris. Pour éviter le procès, Jean Savart le charron accepte de payer la somme dûe, soit 90 livres tournois, à rembourser en deux tranches, à la Saint-Jean-Baptiste et à Noël en 1605. On ne donne pas la parenté de Jean Savart le charron avec le dit defunt Jean Savart, soldat. Le charron y appose sa marque. Il faut se demander pourquoi Jean Savart le charron accepte de prendre charge de l'héritage de Jean Savart le sodat alors qu'il pouvait simplement y renoncer. La menace d'un procès a sûrement pesé lourdement. Pour en savoir plus sur le soldat et de cette famille Lablanche, suivre le lien de Jean Savart soldat.

Marguerite Thubye décède peu avant le 22 février 1612

jean-sg
Devenu veuf, Jean Savart doit faire placer sa fille Claude qui n'a encore que sept ans. Son fils Simon qui lui a 17 ans reste avec son père pour apprendre le métier de charron. Le 27 mai 1612, Jean Savart le charron passe un Bail et Marché [AD93 Et/CXXXI/14] avec Denis Chevreau et Nicole Fournyer sa femme, pour placer fille Claude Savart en pension pour qu'elle soit aussi instruite sur les tâches ménagères. Claude Savart s'y retrouve en fait depuis le 22 février 1612, sûrement tôt après le décès de Marguerite Thubye. Pendant ces année en pensionnat, la jeune fille agit comme servante chez ses hôtes, ce qui explique pourquoi le couple Chevreau paie Jean Savart 60 livres tournois pour ce bail. En plus de la loger, la nourrir et de l'instruire, ils doivent aussi lui fournir un trousseau quand elle atteindra l'âge de 20 ans. La santé de Jean Savart semble déjà fléchir, car il a du mal à apposer sa marque. Cette Nicole Fournier aussi décéde peu de temps après cet acte, et on ne sait pas encore comment ce contrat a été honoré. On perd alors la trace de Claude Savart fille de Jean Savart charron, sauf en 1623 où elle refait surface comme marraine de son petit-fils Simon Savart (fils).

Jean Savart ne survivra pas à sa femme très longtemps. Il décède entre mai 1612 et le 2 avril 1614. À cette date, Nicolas Thubye qui est tuteur et curateur, et Pierre Chevallier qui est subrogé tuteur des enfants de feux de Jean Savart et Marguerite Thubie, passent un Bail à loyer [AD93 Et/CXXXI/18], pour le placement en pension de Sanson Savart, âge de 6 à 7 ans. L'oncle Nicolas Thubye tisserant en toiles et Pierre Chevallier décident d'engager le jeune Sanson Savart, pour servir comme serviteur chez Pierre Lureau, laboureur demeurant aussi à Montreuil, jusqu’ayant atteint l’âge de 21 ans. En échange, Lureau est chargé d'entretenir le jeune Savart,  et de l'«instruire et enseigner en bonne moeurs à la foi et religion Catholique apostolique et Romaine selon sa capacité et âge». Pierre Lureau est l'oncle des mineurs, car il est l'époux de Claudia Thubie, la soeur de Marguerite. On remarque comme témoin la présence de leur fils Simon Savart qui à 19 ans ne sait pas encore signer, de Pierre Thubye et Jean Thubye oncles des dit mineurs, de Guillaume Bonvallet et Quentin Solavin praticiens. Un praticien est celui qui sait rédiger des contrats et est habitué affaires judiciaires.

doloire
La marque de Jean Savart semble représenter son métier par le billet d'un outil. Nous croyons qu'il dessine une doloire. Cet outil est aussi un meuble en héraldique (armoiries), qui ressemble étrangement à la marque de Jean. Voici ce que Eugène Violet le Duc, dans son Dictionnaire raisonné du mobilier (1858 - 1875), indique de cet outil : «DOLOIRE, s. f. (dolores, doloeiere) Outil en forme de hache à long tranchant court et douille, dont se servaient les charpentiers, les tonneliers, les charrons. La doloire était un des instruments le plus en usage dans les corps d'état qui travaillaient le bois, et même chez les gens de la campagne. «les instruments de ce mesnage (la coupe des taillis) sont doloires ou haches bien tranchantes, avec lesquelles le bois se coupera de tous côtés, de peur d'en rien escorcer n'esclatter»
 
Enfants connus de Jean Savart et Marguerite Thubye:
1. Simon Savart o 2 février 1595 Montreuil (Pn Simon Hébert, Philippe Faucheux, et Gillette Boutier); m Marguerite Vinante.
2.
Nicolas Savart o 20 novembre 1598 Montreuil (Pn Nicolas de St-Omer, Jean Valet et Nicole Thioust; probablement décédé jeune.
3.
Claude fille Savart o 17 septembre 1600 Montreuil (Pn Pierre Tubye, Anne Savart et Jeanne la Hure); probablement décédé jeune.
4.
Catherine Savart o 25 septembre 1602 Montreuil (Pn Pierre Luriot, Perrette Chevriau et Marie Prévost; probablement décédé jeune.
5.
Marie Savart (douteux) o vers octobre 1604? Montreuil (repéré par JP Macouin, demeur introuvable. Confont-il avec Marie Thubye née vers cette date?)
6.
Claude Savart (fille) o 9 mars 1605 Montreuil (Pn Claudia Vitry dit Guagnid, Nicolas Toubie et Isabel Boucot); placée chez Denis Chevreau en 1612, vivante en 1626 Mn chez Simon.
7.
Sanson Savart o et b 7 mai 1607 Montreuil (Pn Dom Sanson du Brocat, dame Marie Guigny[?] dite Puer); placé chez Pierre Lureau en 1614, puis destinée inconnue
8.
Laurent Savart b 18 août 1610 Montreuil (Pn Jean Thubye, Toussaint Loreau et Jacqueline Larron); placé d'abord chez Nicolas Thubye son oncle; puis au service du chanoine Jacques Feydeau avant 1628, puis apprenti de Simon Savart.

Enfants du premier lit présumé de Jean Savart (avec Simone Durant?):
1. anonyme Savart o 1588 Montreuil; «petit enfant pour Savart charron»; s 2 mars 1589 Montreuil.