Simon
Savart père, est né le 2 février 1595
à Montreuil. Il est fils de
Jean Savart et Marguerite Thubye . Dans cet acte en latin, on lit
que son parrain est Simon Hébert, assité de Philippe Faucheux, et
sa marraine est Gillette Boutier.
Baptême
de Simon Savart le père
Simon apprend le métier de charron de
son père, mais il doit à peine terminer son apprentissage lorsque
son père décède vers
1613.
Simon, qui a en
principe 19 ans le 2 avril
1614, ne sait pas
encore signer après la mort de son père, alors qu'il est cité comme
témoin dans un Bail à loyer [AD93 Et/CXXXI.18]. Mais trois ans plus
tard (bail suivant), il signe d'une écriture
soignée.
Grâces aux naissances signalées, on sait que le couple
Savart-Vinante doit s'unir vers 1616 ou 1617.
C'est donc à 22 ans et nouvellement
marié, que Simon passe un Bail à loyer de maison
[AD93 Et/CXXXI/22],
le 14 septembre
1617 avec Marie
Deste, veuve de Henry Besnard, pour une maison et un jardin assise
rue Cuve du Four (aujourd'hui Rue de l'Eglise), tenant d'une part à
Pierre Larron et d'autre part à la Ruelle de la Cornette. Mais la
maison est en piteux état. Pour un loyer sûrement réduit, soit 33
livres tournois pour les quatre ans prévus, du en quatre termes de
8 livres 5 sols tournois, Simon prend charge de faire nombreuses
réparations à la maison, on installer une fenêtre donnant sur la
rue. Simon appose sur ce bail sa signature. Le jeune couple
s'installe donc au centre de Montreuil. Cette maison est louée pour
55 £ plus tard.

Grâce à l'aide d'un expert
en la matière à la Mairie de Montreuil, nous avons finalement pu
localiser cette Ruelle de la Cornette. On peut l'apercevoir sur le
cadastre de 1848, alors nommée la Petite Ruelle des Caillaux. Cette
ruelle part vers le nord de la rue Cuve du Four (auj. de l'Eglise)
pour bifurquer vers le nord-ouest vers la Ruelle des Cailloux.
D'après la description, on peux localiser avec assez d'assurance la
maison de Simon Savart sur le plan ci-contre (annoté selon nos
données). Le lots est idéal pour le va et vient ses charettes dans
la cour en passant par la ruelle, pour que le charron puisse les
construire ou les réparer. La maison devait être plus petite que
celle représenté sur le plan, car 225 ans les séparent. Le passage
est toujours existant et la maison abrite qujourd'hui un petit
restaurant. Simon Savart semble à partir ce cette période tenir
deux résidences/atelier à La Pissotte et maintenant Rue Cuve du
Four. Il n'est pas clair si cette maison a été vendue ou conservée
dans le patrimoine. Ce va et vient entre La Pissote et le centre de
Montreuil dépend possiblement aussi du niveau d'achalandage autour
du Château de Vincennes, dont la tendance en déclin en théorie dans
cette période. La photo de 1907 ci-dessous montre l'emplacement de
cette maison, avec une vue jusqu'à l'église. La ruelle est
remplacée aujourd'hui par un passage vers la court intérieure. On
peut voir à droite l'entrée de la Rue de Charte (aujourd'hui Rue de
la Convention).

À cette période il existe trois Simon Savart dans la région. Notre
charron, un praticien à Vincennes et un vigneron.
Le 3 juillet
1623, Denis Cornu
sergent et officier dois effectuer une visite d'une haie qui sépare
le jardin de Pierre Villot jardinier et Simon Savart, suite à un
jugement du prévôt. Comme le jugement parle de Nicolas Regnard, qui
est absent car il est toujours aux noces de sa présumée parente
Gillette Regnard (fille Girard & Perrette Mention) mariée la
veille à Claude Darennes, Simon refuse de les laisser visiter sans
l'accord de l'intéressé et exige qu'on lui présente un acte
justifiant la visite. Devant le refus répété de Simon, le sergent
et Villot se présentent devant le notaire pour faire rédiger cette
minute de Refus de visitation [AD93 Et/CXXXI.31]. Bien que l'identité
de Simon Savart dans cet acte n'est pas clairement établie, il
semble bien être le charron selon la description du jardin, qui
semble être la même maison décrite
ci-dessus.

Simon
apparaît à nouveau dans un acte de Passation de
bail [AD93
Et/CXXXI.40] en le 27 janvier
1627, qui pourrait
lancer certains sur des fausse piste. Il signe comme témoin lors du
bail entre Jean Savart fils Martin à Denis Thubye de la personne de
Geneviève Thubye, mineure. Cette acte comporte aussi la signature
d'un autre Jean Savart, fils de Denis celui-là. C'est que la mère
de Simon Savard le charron, Marguerite Thubye, a plusieurs frères
et soeurs, dont Pierre Thubye époux Marion Savart, fille de Denis
Savart plâtrier. On ne connait pas de parenté entre les charrons et
les plâtriers, autre que cette affinité, pour l'instant. aux
charrons (voir section Thubye ). Les héritages de ces trois
familles se greffent ensemble, de quoi faire un vrai casse-tête.
C'est grâce aux signatures que l'on peux départager les individus.
Dans ce cas-ci, celle de Simon que l'on connait
maintenant:
Dans un Marché d'apprentissage du 24 janvier
1628 [AD93
Et/CXXXI.42], Simon s'engage à prendre son frère Laurent pour lui
enseigner le métier de charron. Laurent est à cette époque sous la
tutelle et au service de Jacques Feydeau, chanoine de l'église de
Paris. Pourquoi est-il sous la tutelle qu'un chanoine? A-t-on voulu
faire de lui un prêtre? Si c'est le cas, on a du vite se rendre
compte que Laurent n'a pas un caractère très pacifique (voir
plainte qui suit). Le chanoine Jacques Feydeau semble habiter à
cette période voisin du 16 Rue
du Cloître-Notre-Dame où Laurent aurait passé les dernières
années. Le chanoine accepte donc de payer Simon Savart pour
l'apprentissage de son frère, en reconnaissance à Laurent qui était
à son service.
Plus tard la même année
le 10
octobre 1628,
une Plainte en justice [AD93 Et/CXXXI.44] est porté pour coups
contre Laurent et son frère Simon Savart charron, par le boucher
Guillaume Hardy. Pauvre Hardy a passé un mauvais quart d'heure,
selon sa description des faits. Après avoir préparé trois "membres"
de mouton dans sa boucherie, Hardy va prendre une pause à la
taverne de Jacqueline Larron la voisine. À son retour, des
malfaiteurs se sont enfuit avec les pièces de viande. Mais Laurent
Savart est dans la boutique de Hardy à son retour. Hardy demande
donc doucement à Laurent s'il a vu qui l'a dérobé. Laurent à 18 ans
semble croire qu'on l'accuse et répond que s'il les avait volés il
lui dirait, et qu'il ne les a pas pris. Quand Hardy insiste,
Laurent Savart répond avec ses poings. Le boucher dois quand même
avoir pris le dessus de la situation, car quand Simon Savart
survient, il se porte au secours de son frère et comme rédige le
notaire: ensemble ont grandement battu frappé et exédé ledit
complaignant sur plusieurs parties de son corps à coup de poing et
ce jusque à effusion de sang comme il nous est apparu. Il semble
que les frères Savart ont dû payer une somme pour dédommager le
boucher pour sa raclée, pour éviter un procès. Je n'ai pas retrouvé
cette cause parmi les minutes criminelles ou civiles de Montreuil
examinés sur cette période.
Marguerite Vinante tard
dans l'été de 1629, car le 7 septembre
1629 [AD93
Et/CXXXI/46], Simon Savart fait dresser l'Inventaire de Marguerite, avec son beau-frère Jean
Garce (m Guillemette Vinante). Simon est tuteur et Jean Garce
subrogé tuteur de Simon Savart fs Simon, vraisemblablement le seul
enfant mineur survivant du couple car il est le seul nommé. Simon
Savart fils n'est âgé que de 6 ans. Simon fils, et son oncle
Laurent, qui n'a à cette date que 19 ans, demeurent sous la garde
de Simon Savart père. Les biens ne sont pas mis sous scellé, car
Simon continue de jouir de ses biens comme tuteur de son fils.
A-t-il déjà décidé de ne pas se remarier? Comme il n'a que son fils
et de neveu qui est presque majeur à s'occuper, cela semble
probable. On ne lui connait pas de mariage ultérieur bien qu'il
vivra encore plusieurs années. La visite et l'évaluation des biens
est effectuée par Jacques Préaux, et Jacques Pépin, qui par
coïncidence est le tuteur et curateur de Marie Hordouille mineure
qui épousera 13 ans plus tard, Simon Savart mineur cité ci-dessus.
Dans la maison on retrouve les objets habituels d'un ménage, mais
au «bouge bas» du logis, on trouve aussi tous les accessoires du
charron. Pour le détail des biens, suivre le lien ci-dessus pour
consulter la transcription de l'acte. Pour y voir plus clair au
niveau des outils, voici un Tableau des outils
de Simon Savart charron
avec la description de ces derniers. Simon Savart ne signe pas
l'inventaire car il n'en est pas l'auteur. Ce sont les estimateurs
qui passent l'acte «à la requête» de
Simon.
Comme
charron bien connu à Montreuil, Simon Savart est appelé par la
justice à intervenir dans la cause qui oppose un compagnon charron
Barthélemy Forget et son client Pierre Bidault le 4 septembre
1634. Bidault a
demandé à Forget d'effectuer des réparation à sa charrue, mais ce
dernier a effectué plus que les travaux demandé, remettant la
charrue presque en état neuf. Bidault bien entendu refuse de payer
le charron. C'est alors que Simon Savart doit examiner l'état de la
charrue et des réparations faite, puis il se présente chez le
notaire Jean Malot pour dresser un Rapport de visite [AN Z/2/2500]. Simon Savart estime les
frais de réparation à 100 sols. La sentence qui viendra le 25
septembre donne partiellement raison au charron Forget, et oblige
Bidault à payer 60 sols pour les travaux.
Sur une
feuille volante du 10 février
1639 un
Déclaration classée par erreur en 1629 [AD93
Et/CXXXI/45], qui se lit L'an 1639 le dixième jour de février est
comparu personnellement par-devant le notaire gardenotes et
tabellion royal à Montreuil sur le Bois de Vincennes, Simon Savart,
charron demeurant à la Pissotte du bois de Vincennes tant en son
nom que comme tuteur et curateur de Simon Savart fils mineur de luy
et de feue Marguerite Vinante père et mère. On sait donc que Simon
le père est toujours vivant à cette date. Jean Garce barbier
chirurgien est subrogé tuteur de Simon le fils. Simon Savart
déclare que rien n'a été omis de l'inventaire de la communauté des
biens fait 10 ans auparavant, et promet de déclarer des biens qui y
manquerait. Cet acte semble bien démontrer que le père a gardé la
charge et a élevé lui-mère son fils qui a perdu sa mère à 6 ans.
Simon Savart le fils a donc sûrement accompagné son père dans
l'atelier très jeune pour commencer son apprentissage.

Simon Savart
le père est toujours vivant en 1644. Dans la semaine avant le
mariage de son fils avec Marguerite Hordouille, il accompagne cette
dernière avec son oncle Mathieu Merger, et Jean Préaux, pour passer
un Accord avec Denis Vié. Le 16 juin 1644
devant le notaire de
Montreuil [AD93 Et/CXXXI/79] ils mettent un terme à une poursuite
intenté par Denis Vié le fils qui a été le fiancé de Marie
Hordouille. On ne sait pas encore combien survivra Simon Savart le
père, mais ceci est le denier connu de son
vivant.
Rue de l'église à
Montreuil

Rue
Cuve-du-Four (Rue de l'église/Alexis Lepère). La maison à gauche
est sur l'emplacement de l'ancienne maison des
Hordouille.
(Source: Mairie de Montreuil)
Enfants
connus de Simon Savart et Marguerite Vinante:
1. Jean
Savart, o 19 octobre 1618
Montreuil (Pn Jean Toubie, Jean Savart (fils Denis ou Martin?) et
Mn Jeanne Souchet); probablement décédé avant 1629
2. Simon Savart
o 22 mai 1623 Montreuil
(Pn Pierre de Rosny, Mn Claude Savart) m 1644 Marie Hordouille, émigre au Canada en
1663.
3. Guillaume
Savart o 7 janvier 1626
Montreuil (Pn Guillaume Morice demeurant à Bagnolet, Mn Guillemette
Vinante); probablement décédé avant 1629
4. Marie
Savart o 13 décembre 1627
Montreuil (Pn Sébastien Baillif, Mn Marie Thubie) probablement
décédée avant 1629.